Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Alain Freixe cultive un art certain de l’entretien.
Ses questions, nourries d’une très bonne connaissance des textes de ses
interwievés, sont toujours d’une grande justesse. Elles décalent
légèrement les auteurs de leur pratique d’écriture, pour une distance
réfléchissant leurs liens avec la littérature, avec la vie et le monde.
Prend forme ici un capital de réflexions sur la littérature “en train
de se faire” et en montre la vivacité créative. Cette somme recueillie
témoigne d’une richesse et de références susceptibles d’ouvrir des
perspectives pour une approche de la littérature contemporaine qui nous
semble important de faire rayonner.
Livre illustré par les portraits des auteurs ainsi que des reproductions d’œuvres d’artistes.
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entretiens avec : Olympia Alberti, Marcel Alocco, Marie Claire
Bancquart, Jean-Marie Barnaud, Daniel Biga, Serge Bonnery, Michel
Butor, Michel Cosem, Daniel De Bruycker, Charles Dobzynski et Colette
Deblé, Sylvie Fabre G., Claudine Galea, Michaël Glück, Bernadette
Griot, Werner Lambersy, Henri Maccheroni, Jean Mailland et Anna
Prucnal, Marcel Migozzi, Martin Miguel, Raphaël Monticelli, Bernard
Noël, Florence Pazzottu, René Pons, Leonardo Rosa, Paolo Ruffilli et
Fabio Scotto, Michel Séonnet, Yves Ughes, Martin Winckler.
Extrait
Alain Freixe :
Pour moi, ce livre est
important parce que c’est un livre d’édification! Et certainement pas
pour les connotations religieuses et moralisantes que ce mot traîne
après lui mais pour le sens premier du verbe édifier : construire,
bâtir, monter des murs. Et non, fruits de la peur, pour enfermer mais,
fruits de l’amour, pour que ça tienne, qu’on puisse s’y adosser, s’y
abriter et reprendre forces pour les demains du voyage…
Michel Séonnet :
C’est
ça. Un livre auquel on pourrait s’adosser pour reprendre élan. À quoi
(se) tient-on ? C’est quand même ça la grande question posée à notre
fragilité. Tant de faux soutiens nous sont proposés quotidiennement. On
s’aperçoit souvent que bien des folies meurtrières viennent de ce que
des hommes et des femmes ont confié leur désarroi à des appuis pervers.
La folie terroriste, par exemple. Mais tout autant la folie
consumériste. La tentative de ce livre c’est d’essayer de murmurer du
bout des lèvres quelques possibles auxquels venir appuyer nos forces de
vie anéanties. Dans le cas présent, c’est un anéantissement causé par
la maladie. Mais il y en a bien d’autres. Pour dire plus précisément :
la tentative de ce livre c’est d’en appeler aux mots pour entrer dans
ce combat de résistance et de patience. Dans l’écriture, ça se joue
toujours à trois. Soi-même, le monde, la langue. Peu importe l’ordre
dans lequel on les dit. Et c’est dans l’engagement d’authenticité que
nous avons envers ces trois ordres que se joue le destin du livre. Il
ne faudrait surtout pas croire que par quelque vertu magique la
littérature installe d’office dans une posture de résistance celui qui
la pratique. Écrire n’absout de rien. Ne dédouane de rien. Je crois que
cette question est tenue d’un bout à l’autre du Petit Livre. Exigence
envers soi-même (ce qu’exige de moi, en la circonstance, l’affection
que j’ai pour ma sœur). Exigence face au monde (l’accueil que l’on fait
à tout ce qu’il nous offre, que ce soient oiseaux ou cataclysmes, la
réponse qu’on leur donne.) Exigence quant à la langue (et ici cet
effort de tenue de phrase).
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Illustrations
Portraits des auteurs + Photos et dessins de divers artistes.