Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Silvia Baci serait d’une incroyable banalité, une histoire sans
histoire avec les mots du quotidien, s’il n’y avait l’imprévu, sorti du
mystère des mots confrontés à la figure emblématique de la grand-mère,
pour donner en relais une énergie neuve.
Silvia Baci s’est habillée de frais, de peur et de poésie, pour dire autrement sa présence au monde.
Extrait
Dans les éclats de papiers soufrés, foulés par les derniers quidams.
Agostina ne sort plus depuis longtemps. Il fait trop froid. Elle
préfère abreuver les convives dont elle surveille les verres, du petit
vin blanc. Il a la couleur du miel. Comme le miel qui enrobe les
castagnoles, cette spécialité dont la grand-mère possède le secret.
C’est un jeu de taire la recette. Un secret d’alchimiste. Elle peut,
pour tromper, satisfaire la demande en dévoilant un semblant de
recette, mais il manque toujours un ingrédient, un élément pour qu’elle
soit complète et réalisable. Lei mange des castagnoles rondes de la
taille de sa bouche en attendant le bouquet final du feu d’artifice. Le
miel colle aux doigts en accompagnant les pâtisseries dans la bouche.
Surtout ne pas les croquer. Les laisser fondre. Laisser s’envahir la
bouche.
Le feu a un son sourd. La nuit lui fait un buvard. Revoir les petits
morceaux de pâte gonfler dans la poêle au contact de l’huile. La magie
de la cuisson et le moment où il faut tout stopper. Atteindre le blond
doré croustillant et barbouiller de miel, sans plus. Et dans le
saladier où les boules sont blotties, Lei voudrait s’y plonger tout
entière, s’y lover, dans la douceur du miel.
Tant qu’il y aura cette femme, il y aura le carnaval vu des collines.
Tant qu’il y aura Agostina, Lei voit sa vie comme une suite de
tableaux. Quelquefois des triptyques. D’autres fois, des palimpsestes.
Tous partent d’une palette commune ou bien tout l’y rattache. Les
couleurs de la maison carrée et des mots flous dans des phrases
imprécises.
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Illustrations
En couverture, reproduction d’une œuvre de Claude Goiran