Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Le livre de la vie dans ses balbutiements. Marcel Alocco fait ici récit
d’un temps dont nous avons pas la mémoire, de la conception à la petite
enfance.
L’affaire commence tôt car celui qui va parler et apprendre le monde va
devoir se mêler aux mots des autres, prononcés ou tus, mots du désir
d’avant même la conception.
Quel souvenir avons-nous du moment de notre conception? Des jours et
des mois qui suivirent? Et du temps de l’infans, qui pour être par
définition sans paroles n’en est pas moins, mot à mot, en train
d’apprendre le monde autour de lui? Temps de l’aventure personnelle,
mais lié aux hasards de l’Histoire. Quelques années de constructions
convulsives à lire comme un récit plus large: parabole d’une vie,
d’une génération, histoire heurtée d’un siècle.
Extrait
…on avait gagné. Le Front Populaire était ivre de l’avenir et du vin de
la fête. Demain est la lumière, et cette nuit aux jeux de l’amour.
L’enfant va devenir dans les échos des flonflons du bal. L’enfant sera
conçu les yeux encore éblouis d’un horizon au soleil qui se lève,
annonce d’un jour meilleur sur un lendemain brillant et doré comme un
raisin mûri à point dans la lumière d’un soir clair de septembre. Ce
printemps un peuple chante qui croit aux mots de sa chanson.
Nous n’étions que deux infimes cellules, une phrase par d’autres que
nous commencée. Choc des galaxies. Fluides du bonheur. Coulée ralentie.
Obstacles. Enlisée. Pertes. Doute. Heurts et rebonds. Heurt
imperceptible. Pénétration glissée. Violence? Ou lente douce
persuasion? Emboîtements complémentaires. Cellule unique enfin
solidifiée. Logée au creux, pivot du noir, noyau de l’humeur tiède,
appui à la paroi solide et douce. Point précis où l’univers centre la
gravitation, départ et terme de l’infini.
N’être que, être tout cependant.
Deux fragments depuis des millénaires séparés qui se sont ici rejoints,
pour chacun retour à la source d’origine, retour à l’instant où
l’espèce pour la première fois disperse sa potentialité de recréer à
son image. Après des temps infinis de détours, de corps en corps
transportées et modifiées dans l’espace et la durée, deux minuscules
moitiés se complètent pour revenir à l’unité, à ce visage sans
identique et pourtant depuis le début prévu.
Lire un autre extrait
Illustrations
Dessin de couverture de Marcel Alocco.