Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Une femme meurt. Une enquête est ouverte. On parle de mort violente. On
relève des traces, des empreintes. On réunit des preuves, des
témoignages, des objets, des notes. On établit un emploi du temps. Ça
tient debout. Ça a un air de ressemblance. C’est la vérité. C’est le
délire. C’est la mémoire. Tout compte fait il reste le hasard, la
fragilité, le désir de mort, le désir de meurtre.
Ce texte relève du malaise et de l’éblouissement. Les phrases de Claude
Held sont comme cordes tendues sur le vide, néanmoins nouées entre
elles. Elles constituent un ensemble cohérent alors même qu’elles
sectionnent cette continuité qui, traditionnellement, est supposée
faire sens. Nos modes de lecture volent en éclats; les liens logiques
permettant de bâtir progressivement le mouvement d’un récit ne
s’inscrivent plus dans la continuité, ils doivent ici être recomposés
Dans la mesure où le tissu du temps est altéré, les souvenirs passent
par les déchirures et s’imposent au gré d’un rythme qui semble relever
du désordre, mais qui obéit en fait aux scansions de la mémoire: Tout
ce que tu vois est là, dans la cassure. Tu observes la trace entre les
morceaux collés.
Extrait
La Mise à mort.
Elle est tombée contre la cloison.
L’horloge marque onze heures. Un pied est tordu sous le corps. C’est la chose la plus difficile.
On a parlé au téléphone. Une voix sur répondeur après un silence. Je crois que c’est ici. Je crois que c’est vrai.
La pièce est située dans un bâtiment gris. Sur le toit d’en face on voyait des oiseaux.
Il y a longtemps qu’on n’a pas parlé. Pas parlé vraiment.
Qu’est-ce que tu veux dire? Ta manie de faire les demandes, les réponses.
Le temps était clair. Un avion passe. Ça fait une traînée, une
blancheur. Ces choses ont une douceur très grande. On était dans le
reflet.
Une phrase est la chose la plus violente.
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Illustrations
En couverture reproduction d’une peinture de Bernadette Griot