Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Avant la nuit croise des textes aux adresses précises: amis peintres
et poètes de l’auteur. Tous à attendre à partir de pratiques
différentes ce “miracle, qu’est, dans l’art ou dans la passion,
l’aspiration la plus profonde de la vie” et dont Georges Bataille
disait qu’elle concernait ce “désir d’être émerveillé”, désir propre
à l’homme. Désir de présence, claire, brûlante et renversante.
Entre présence et déroute, entre les reprises, les tombées, les
relances, les pertes. Entre quelque chose venu du fond et qui remonte
jusqu’à nous et quelque chose qui s’en va, rapide sur “le plissé de
l’air”. Avant la nuit, quelque chose qui n’est pas fait pour le
regard, nous traverse pourtant. Passe derrière nos yeux et se perd dans
le loin du corps.
Quelque chose qui nous pousse à écrire. Encore. Avant la nuit.
Extrait
I
Dire que c’était là. Dans ce qui
le séparait des choses. Comme de lui-même. Là, comme dans une eau
déchirée par la lumière où se débat un nageur à brasse lourde. Sa tête,
dans les éclats. Là, qu’il lui fallait trouver de quoi puiser forces et
accords avec ce qui toujours déjà s’éloignait. Rives en lambeaux.
Terres démembrées.
Et rien pour tenir. Ajuster. Vraiment. Comme il faudrait. Sans le noir
qui retombe. Entre. La surface, l’arête et la bande.
II
Quand il s’est avancé, c’est tout juste si l’air a reculé jusqu’au mur.
Rompu par le vent, un pan de blancheur s’égouttait. Avec difficulté.
Des tissus, un peu. Des bandes, tout à leur effilochée.
C’est l’intervalle qui ouvre le feu. Les interstices libèrent trop
d’air. Avivent. Dessous tremble. Ça pourrait flamber. Échapper. Se
perdre.
Déjà des cris. Mal étouffés par les bâillons. Des ondes filent en
frissons sur la peau des choses. Cela qu’il faut que les mains
agrippent. Retiennent. Recouvrent. À l’écrasé dans toujours plus de
bandes. De bouts. De toiles. Pour apaiser.
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Illustrations
En frontispice reproduction d'une gravure de Marie Alloy.