Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
En deux parties : “ Bec ” la famille, “ Ongles ” la mort. Observations
quasi entomologiques de ce qui régit le plus nos existences, chaque
texte est écrit pour nous hanter parce que chaque texte veut épuiser
nos petits fantômes. Textes qui stigmatisent, constats froids,
vigoureux mouvement du verbe tenu en respect, révélations, la vie toute
vive. C’est ce qui compte pour C. Bugeon, c’est ce qui comptera pour
ses lecteurs.
Extrait
Épouses – Sont-elles nos mères ? Épouses assises sur le bras du
fauteuil et caressant nos crânes d’enfants, femmes brisées à force de
veille, regards apaisants qui nous portent aux nues comme si nous le
méritions, femmes en compulsion, femmes trahies par le temps et
l’amour, par les hommes dressés, femmes à la terre fouaillée, épouses
oubliées dans les maisons. Femmes aux corps glorieux sous le soleil,
femmes éteintes dans l’abandon, délice noyé au cœur de l’eau plate,
abnégation, silence, teint de cire. Sont-elles nos mères ces épouses
qu’un seul grain de lumière a rayées, miroir subliminal ? (extrait de “
Bec ”)
Quote-part – De la boue nous naissons de la boue
nous faisons, fatale quote-part jamais estimée, il ne plairait à
personne d’être pesé à l’once près, de l’humus comme de l’or, au propre
et au figuré. De la boue, nous n’y pouvons rien, fragments
pulvérulents, un jour, tous de la boue dans le creuset de l’alchimiste,
le pot du jardinier. Ceci ne nous empêche pas d’écrire, de peindre, de
jouer, d’aller chaque matin payer le dû, et de dormir, dormir si l’on
peut. C’est la boue qui nous tient c’est la boue qui nous plie, avec,
parfois, retenue, noyau dans le fruit, la lumière.
(extrait de “ Ongles ”)
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Illustrations
Couverture et encres de Claude Bugeon