Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Il demande : “ C’est quoi au juste Aimer, une fois sorti du mot, de l’attente, du désir ?…”
Elle lui apprendra. Il suffira de quelques mots. D’une lettre d’amour.
Lettre de rupture où le Non qu’elle incarne ouvre sur tous les
consentements de la vie.
Rendu à sa solitude et à sa liberté. Au travail d’amour. Il découvrira
grâce à elle “ l’espace de l’amour indéfinissable ”, “ cœur monochrome
” où tous deux auront à inventer une nouvelle manière de vivre.
Extrait
5 septembre, tard dans la douleur.
C’est du désordre, la douleur. Ce n’est même que cela au fond.
Elle tire de nous des pages et des pages sur lesquelles s’imprime l’objet du tourment, en continu.
On n’est plus qu’une décharge où les pages s’amoncellent – et l’on relit tout.
Tout, jusqu’à l’histoire jamais commencée. Tout, jusqu’aux pages blanches.
En relisant, on continue de vivre, mais à l’envers – et dans le désordre.
C’est un chemin obligé semble-t-il pour que la vie sorte de l’histoire
qui s’installe en nous, pour que la douleur devienne orpheline, pour
qu’aujourd’hui revienne.
On trouve donc d’autres mots dans la décharge pour dire les mots du
début. On se remplit de mots de fin, de mots qui donnent du sens. Et
plus il y a de ce sens-là, plus la douleur est grande ; plus la
décharge est vive.
On découvre par exemple que l’absurdité de tout ce qui allait suivre
était déjà tout entière dans les pensées et les paroles de ce soir-là :
Qu’est-ce que je foutais ici, à ce moment-là, dans cette galerie d’art,
avec cette amie qui dissertait sur la toile toute bleue, un monochrome,
me dit-elle – Encore un ! Ennui mortel pour moi. Monochrome pour
monochrome, je préfère le bleu du ciel, lui dis-je.
Une voix derrière moi, presque un chuchotement : Moi aussi !
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Illustrations
La peinture reproduite sur la couverture est de Zivo