Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Un ghazâl, du Maroc jusqu’en Inde, est un chant, un poème à chanter ou
un air de chanson – sauf à Distân, où les ghazâls sont des poèmes
tissés.
Encore fallut-il qu’un marchand de tapis inspiré, Bur eddîn al-Çekery
(1854-1908) de Nayshapûr, découvre ces livres-tapis, en déchiffre le
code et traduise en persan les “ Ghazâls des Hu ”, témoignage d’une
tribu nomade de l’Hindukush, aujourd’hui disparue.
D’où venaient les nomades ? C’est leur secret. Où sont-ils partis ?
C’est leur mystère. Que cherchaient-ils ? Ce que tout homme espère : la
vie – les uns ici, dans l’attente immobile, ce sont les sédentaires ;
les autres ailleurs, dans l’errance éternelle, ce sont les hommes de
l’horizon, les marcheurs sous le ciel, les piétons de l’au-delà.
Extrait
Ils marchent au désert
loin de l’eau fraîche des oasis
craignant d’y noyer leur image
tel un reflet au fond d’un puits.
Ils marchent au désert
loin à l’écart des palmeraies
de peur d’y égarer leur ombre
sous le dédale des frondaisons.
Ils marchent au désert
renonçant à l’air vif des montagnes
de crainte de voir leur souffle s’envoler
dans les rafales au creux des gorges.
Ils marchent au désert
évitant les cités, les marchés :
il se fait grand trafic de rêves
dit-on, parmi les commerçants !
Ils mourront au désert
assoiffés, brûlés de soleil, suffocant
solitaires – mais ayant préservé
les quatre faces de leur âme.
Lire un autre extrait
Presse : Chronique de Jean-Marc Stricker sur France-Inter
Illustrations
Texte accompagné de calligraphies de Parviz Khazraï.