Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
La vie passe comme une pièce de théâtre dont nous sommes à la fois les
acteurs et le public. Les rituels (sacrilèges) en exposent la mise en
scène et les didascalies textuelles. Ils proposent de jouer, d’enjouer,
et de se laisser mettre en joue comme en joie.
Extrait
La Conscience
La bonne est la pire. Rassurez-vous : vous n’en
saurez rien et vous mourrez idiot sans le savoir ; à peine contrarié et
pas du tout convaincu, si d’aventure quelqu’un vous avertit.
L’absence de conscience fera de vous un riche ou le jouet des riches :
car il y aura toujours plus riche que vous ; l’inconscience fera de
vous un joueur.
En somme il n’y a que la mauvaise conscience qui par son trouble
irréductible offre de l’intérêt. Face aux pauvres, par exemple ! Qu’on
les abreuve, les nourrisse et les vête, rien ne change ; d’autres les
remplacent. Quoique nous fassions notre aisance produit implacablement
de la misère…
Croyant, on fait de l’amour qu’on leur porte un moyen inévitablement
égoïste de son propre salut. Plus généralement, on les craint : ils
sont la preuve par Dieu que l’argent ne peut que singer Sa puissance,
et la faim seule imiter Son amour.
N’ayant rien à leur dire que cette honte de nous-mêmes et le conseil de
nous ressembler au plus vite, nous en confinons le dérangeant mystère
par des offrandes, des aides.
Mais est-ce là fraternité ?
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Illustrations
En couverture, intervention de Jacques Clauzel