| Accueil | Recherche | Votre panier | Valider votre commande | Conditions de vente | Nous contacter |
|
Catalogue
et librairie en ligne Les librairies partenaires
En partage
L'association
Pour recevoir notre lettre d'information
|
Les collections > D'Aventures
Le Livre de brouillonJérôme Bonnetto
Biographie et bibliographie de l'auteur Propos du livre
Il faut s’imaginer une chambre d’hôtel. La lumière
est douce. Les corps parlent de nudité mais ils continuent de parler de
leur désir de ne pas courir au désir. Il faut s’imaginer que la
cigarette que l’on fume à la fenêtre de la chambre de l’hôtel est déjà
une luciole. […]
Extrait
9 et 12 octobre 1999
La dédicace de l’auteurIl m'est arrivé de sourire en surprenant dans un café quelques mots sucrés que s'envoient derrière moi deux amants fraîchement tombés du lit. Ces amants, vous les connaissez aussi bien que moi. Lui, pourrait être en train de dissoudre deux sucres dans son café, elle, pourrait par exemple préférer le thé nature. Ils auraient l'air de s'aimer, ils seraient tendus l'un vers l'autre, ils se le diraient. On sourit. On sourit parce qu'on oublie trop souvent ce qui se joue derrière ces mots, ce qui se joue dans ces cafés. On sourit parce qu'on ne sait plus lire dans les marcs. Les deux amants du Livre de brouillon ne sourient pas, ils pourraient être de ceux-là. Ils sont de ces amants d'hôtels et de cafés. Ils empruntent les mêmes gestes, les mêmes regards entre-filés, le même café, le même thé. Mais nos amants ont bien compris qu'ils jouaient une partition écrite d'avant Noé. Ils ferment les yeux jusqu'au jour où ils découvrent, dans le jardin d'un hôtel, qu'ils partagent un petit don en apparence inutile : ils ressuscitent les lucioles. Dès lors, parce qu'ils se sentent différents, parce qu'ils se croient investis d'une mission, ils décident d'enregistrer les moments fatalement uniques de leur amour dans la langue des rédempteurs de lucioles. Ils écrivent parce qu'ils savent qu'il n'y a pas de parole supportable en amour. Ils choisissent pour donner corps à leurs ondes un petit cahier d'écolier pour dire leur “je t'aime” qu'ils ne disent pas comme nous parce qu'ils savent que l'écriture est encore la forme la plus pure de la trahison amoureuse. “Je t'aime les crécelles de voyage” écrit l'un. Elle répond : “Tu t'évapores d'ailes”. Je ne souris plus en entendant les mots sucrés des amants dans les cafés. Ces amants-là ont ressuscité mes plus intimes lucioles. |