Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
À tous ceux qui voudraient entrer dans cette Architecture des geôles et
en ressortir indemnes s’applique la célèbre mise en garde d’un
Florentin aux visiteurs des Enfers : “ vous qui entrez ici, abandonnez
toute espérance ”. Aux autres, il faudra rappeler le constat d’un
Athénien concernant l’identité de toute chose, seulement perceptible à
la “ première limite immobile ”.
Précis d’architecture poétique, lieu d’imbrication et d’emboîtement,
cet ouvrage, outil d’édification du principe d’incarcération, invite à
creuser, partant du centre ou de la périphérie, un monde qui tournoie
de contraintes et de privations. Toutes ont un sens donné par
l’intention.
Soumets à l’observation les signes que le destin, te précédant, laisse
derrière lui et devant toi. Tous ont certainement de l’importance,
sinon une raison d’être lisibles. En chacun s’agite la nécessité
particulière mais également l’autre, relative. En chacun, l’équation
frétille pour qui veut la résoudre.
L’auteur accompagne son texte de ses propres dessins et de fragments de textes écrits par Daniel De Bruycker.
Extrait
La gifle
J'entends claquer Là-bas Au loin
Dans l'étrange calme des plaines
des draps rugueux et sans couleur
Solitude infinie Demain
Tôt une femme au dos de laine
couvert ira avec lenteur
décrocher les draps de ses mains
éteintes mais larges
Et pleines tout autant qu'est vacant son cœur
Hurler s'époumoner sans fin
Broyer le silence des plaines
Ô drap sans précise couleur
qui ne séchera ni demain
Ni jamais dans cette inhumaine
étendue Comme la douleur
lancinante Drap qu'aucune main
éteinte ne prendra la peine
de détacher dans la douceur
toute hivernale d'un matin
Comme un jeune frère je t'aime
Ô trouble miroir du malheur
J'entends claquer Là-bas Au loin
Dans l'étrange calme des plaines
des draps rugueux et sans couleur
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Presse : Chronique de Jean-Marc Stricker sur France-Inter