Biographie et bibliographie de l'auteur
Propos du livre
Le 26 août 1887, depuis Le Caire où il était allé se rafraîchir des
chaleurs d’Aden, Arthur Rimbaud écrit à son ancien directeur Alfred
Bardey une longue lettre dans laquelle il lui raconte ses aventures
depuis qu’il l’avait quitté deux ans plus tôt. Il lui communique en
particulier le journal qu’il avait tenu de son itinéraire d’Endotto à
Harar, trajet parcouru pour la seule fois de sa vie. Alfred Bardey en
fera lecture à la société de géographie dont il était membre, et qui le
publiera dans ses comptes-rendus. Nous avons pu parcourir à peu près
cet itinéraire plus d’un siècle plus tard en 4 x 4 ; nos souvenirs et
photographies servent d’accompagnement discret au texte du poète.
Extrait
Nous croisons le train brinquebalant, trois petits wagons débordant par
toutes leurs portes et fenêtres. Une épave de voiture-mitailleuse. La
savane semi-aride est parsemée de loin en loin d’arbres nommés acacias
par les Européens du coin mais qui n’appartiennent pas plus à ce genre
que ce que nous nommons ainsi en France. Ils sont évasés en forme de
coupes de champagne, et leurs fleurs blanches en figurent l’écume.
Naturellement des eucalyptus ici et là. Beaucoup de coulées de laves. À
notre gauche le mont Yerer, volcan éteint, à droite la chaîne des
montagnes qui continue jusqu’à Harar.
Nous rencontrons surtout des
Amharas tout vêtus de blanc souvent très poussiéreux, mais qui devient
éblouissant pour les fêtes comme nous avons pu le voir quelques jours
auparavant lors des fêtes du dimanche des rameaux orthodoxe à Lalibela.
“ …Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie… ”
On pourrait décrire les vêtements des hommes comme de courtes toges
drapées en plis circulaires sur la poitrine et le ventre. Ils ont
l’habitude de porter leur canne à deux mains derrière leurs épaules,
exercice dont nous sommes bien incapables et qui leur conserve un port
seigneurial. Les femmes utilisent des étoles nommées natalas, en coton
blanc souvent brodées de minces bandes multicolores aux deux bouts,
dans lesquelles elles s’enroulent la tête ou portent leurs enfants sur
leurs dos.
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Illustrations
Le présent ouvrage est illustré tant sur la couverture qu’en pages intérieures de photos prises par Marie-Jo Butor.