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Approches critiques > Au fil des notes
Baltiques, (œuvres complètes 1954-2004)Tomas Tranströmer
Dans le très beau numéro que la revue Europe
consacrait au philosophe Jacques Derrida en mai 2004 – quelques mois
avant sa mort – celui-ci disait à Evelyne Grossman qui l’interrogeait
sur la vérité blessante propre à tout acte d’interprétation ceci :
“ traduire, c’est perdre le corps. La traduction la plus fidèle est une
violence : on perd le corps du poème ”.Et certes, mais on gagne aussi
un poète (1), soit quelqu’un qui ne se contente pas de venir avec des
mots, alourdis de significations figées – comme tant d’hommes de ce
temps misérable – mais avec un langage soit un acte de parole où la
langue se trouve remuée, retournée, mise à mal parfois mais
amoureusement toujours, un langage comme ces “ traces de pattes d’un
cerf dans la neige ” sur lesquelles tombe le poète un jour de grand
écart. (1)Saluons à ce propos Le Castor astral – Et à travers lui les petites maisons d’édition dans leur rôle irremplaçable de passeur de littérature vivante ! – qui dès 1966 s’est attaché à publier ses œuvres. Signalons que si les haïkus de La grande énigme sont bien repris dans Baltiques, Les souvenirs m’observent restent disponibles au Castor astral. |