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Les collections > Thoth

Éclat du fragmentBai Chuan
Éclat du fragment
Prix : 13,00 € 12,35
Quantité :
EAN : 9782911718779
Format 10 x 20 centimètres
80 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 1° trimestre 2002
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Il est d’usage, dans le monde chinois, d’écrire de petites choses, des textes à la croisée des genres, où la liberté semble vouloir imposer l’étoile de ses limites : souvenirs, récits de voyages, d’initiation, ou encore simples impressions…
Mais on trouve aussi, au détour de cette prose, l’histoire simplement cruelle des drames quotidiens. La mort y rôde dans son flamboiement un peu baroque, et la vie y traîne ses désirs de revanche. Le sanwen, c’est ainsi que l’on nomme cette écriture, se veut un simple reflet, familier autant que faire se peut, de nos voix intérieures.

Extrait

Je suis né de la douleur, près du croûton de pain, sur la planche, entre la tache de vin et la pelure de pomme, la tête sur le cul des bouteilles. Je suis né à la fin du repas, comme un reste. Chaque jour, tous toujours ils en redemandent: on me ressert donc, et ils me rongent. Car j’ai la chair tendre du poison. Nous occupons cette place depuis plusieurs générations; depuis tout ce temps, nous sommes à la merci de l’homme. Ma grand-mère fut une victime embrochée, tournée comme une viande sur le sexe mâle. Sa pauvreté l’obligea à se vendre, et elle trouva toujours (elle se vendait d’ailleurs avec un plaisir douloureux, ne cherchant parfois que l’assouvissement pur et simple de son corps qui ne pouvait au fond se passer d’être vendu) et ceux qu’elle crut tenir par le mariage ou parce qu’ils l’avaient engrossée, lui glissèrent entre les doigts par le petit trou de la mort. Lorsque grand-mère eut disparu, sa fille, huitième de neuf enfants, n’eut pour héritage ni draps ni vaisselle, mais cette place désertée: il fallait une femme pour ce transpercement. Vingt-cinq ans, divorcée, stérile, ma mère ne s’est jamais remise de sa jeunesse avortée, d’autant plus que ce trésor dilapidé lui était remis en mémoire toutes les fois qu’un homme lui échappait. Par son existence où elle troqua l’homme à chaque instant, elle réduisit ce rapport entre eux et nous, telle que grand-mère déjà s’y était épuisée. Il fut réduit à rien lorsque, dans une espèce de paroxysme exubérant, le sort m’ayant choisi comme héritier du mauvais œil, je pris dans ma chair tout le poids de ce legs.

Lire un autre extrait

 

Illustrations

La photographie de couverture est celle d’une œuvre de Nicolas Chiou.

Site e-commerce par Raynette.