1, montée du Portal - 06390 Coaraze
Accueil Recherche Votre panier Valider votre commande Conditions de vente Nous contacter
Les librairies partenaires
Votre compte client
Pour accéder à votre compte, veuillez vous identifier :
E-mail :
Mot de passe :
Pour recevoir notre lettre d'information
e-mail :
Vers le site Compoir du livre SPE

Les collections > Ex caetera

RicercarPaul Badin
Ricercar
Prix : 19,00 € 18,05
Quantité :
EAN : 9782911718489
Format 14,5 x 20 centimètres
132 pages.
Couverture 2 couleurs
reliure dos carré collé
Collection “ Ex-cætera ”
ISSN 1284-6236
Dépôt légal 2° trimestre 2000
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

RICERCAR – pièce instrumentale à plusieurs voix composée en imitation – est, initialement, un carnet dans lequel se mêlent, au jour le jour et au gré des hasards, poèmes et notes diverses : ce que la poésie élabore et les matériaux qu’elle glane en vue de futures écritures.
Petit à petit ces divers textes se sont éprouvés les uns et les autres et, “ en un certain ordre, assemblés ” jusqu’à constituer des mouvements foisonnants et autonomes, complémentaires et reliés.
“ RICERCAR… écrire en italique, prononcer à l’italienne, avec des cheux, des chers, des charabias d’ailes et de plumes, des chuintements : penser musique, œuvre complexe où des chants multiples résonnent et s’envolent, où les tourterelles des bords de Maine et Loire se conjuguent aux mouettes de Brétignolles sur Océan, conversent avec leurs colombes cousines de Marina di Carrara, se jumellent avec les hirondelles de Tipaza la Bleue ! Enchevêtrement des phrases et vers tressés, chœur des citations polyphoniques, imitations avisées des dédicataires, tissu musical tissé des voix d’anges et autres rapaces, des colibris comme des moineaux gris de l’apocalypse quotidienne : apprécier le patchwork des proses et poèmes, des tons, des styles, des registres, la fluctuation son et sens, l’équilibre fugace des vents, des cordes, des cuivres, des bois, des percussions, ex cætera, dériver au bouillonnement généreux du concerto barocco sans oublier la répétition – subtilement calculée elle en devient naturelle – du motif qui sous-tend le livre : “ comment on passe de la vie à la poésie – et vice-versa – ?... ” Chi lo sa– ?
Ricercare… Daniel Biga

 

Extrait

L’ENFANT FUGACE
(fragment 27)

J’ai toujours vu tremper des timbres, à la maison.
Dès qu’une lettre arrivait, nous découpions soigneusement l’espace du timbre sur l’enveloppe pour le placer dans une coupelle pleine d’eau. Puis le timbre, décollé, était disposé sur une surface plane, à l’envers, le temps du séchage – toute la colle n’étant pas nécessairement dissoute. Une fois sec, il trouvait sa place dans l’album sous la languette de papier cellophane, classé par continents, par pays et par thèmes. Le léger trésor s’amoncelant d’année en année, de génération en génération, réservoir de rêves et de souvenirs jalonnant l’écoulement du temps familial.
En fait, je ne suis pas un collectionneur de timbres, ni un collectionneur de rien du tout d’ailleurs. La collection fige les objets auxquels elle est sensée prêter une seconde vie, elle déplace le centre d’intérêt premier – l’espace et le temps réels que le timbre apporte à la maison sur sa fine pellicule de mystère, par exemple – vers un intérêt secondaire plus ou moins lié à l’exploit personnel et à la valeur marchande.
Du reste, je n’ai jamais aimé acheter – ou me faire offrir – ces pochettes où des quantités désordonnées de timbres s’entassent en vrac, thématiquement ou non. Elles m’ont toujours laissé un goût bizarre d’écœurement. Leur grand nombre n’attire pas, il donne la nausée. Ainsi stockés, sans effort, sans durée, ces timbres sont dévitalisés, privés de hasard, d’enracinement, d’aventure individuelle. Ils n’ont pas cheminé personnellement jusqu’à ma boîte aux lettres, accompagnant des pensées, des peines ou des joies.
En fait, je suis un épargnant de timbres. Chaque précieuse vignette, la plus prestigieuse comme la plus banale, porte en elle un message, un secret, un appel vers l’inconnu, elle est une des myriades de facettes du kaléidoscope du monde. Chaque lettre – timbrée – reçue est un cadeau de la vie, un clin d’œil, sombre ou clair.
Voilà pourquoi je n’ai cessé de recueillir les timbres qui franchissent mon seuil, comme pour respecter, à travers eux, le frémissement du monde.

Il y a deux boutiques de dégriffés rue du Cherche-Midi. Normal, c’est une rue de poètes. Il y a aussi la rue Saint-Placide, la rue Saint-Dominique (pour les chapeaux) et la rue de Rennes (les deux trottoirs).


Lire un autre extrait

 

Illustrations

Dessin de couverture de Daniel Biga

Site e-commerce par Raynette.