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Les collections > Fonds Poésie

Ceux du lointainPatricia Cottron-Daubigné
Ceux du lointain
Prix : 12,50 € 11,88
Quantité :
EAN : 9782364180390
Format 14,5 x 20 centimètres
88 pages
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Poésie ”
ISSN : 2117-5470
Dépôt légal 1er trimestre 2017
 

Biographie et bibliographie de l'auteur



Propos du livre

Ceux du lointain, sujets des poèmes de ce recueil, sont les migrants, les errants. L’auteur est allée à leur rencontre et témoigne par ce livre avec pour seul outil, la poésie.
Au-delà de tout engagement factuel qui témoignerait de notre compréhension du quotidien, de son urgence, Patricia Cottron-Daubigné nous donne à entendre qu’il est un autre engagement qui étend la vie : celui contenu dans les mots qui terminent ce livre, nous écrirons… intégrant la question même de leur insuffisance, comme le souligne Alain Freixe :
"Ici comme dans tous les cas où la vérité toujours menace de s’oublier, et quand le réel refait surface et insiste, il nous faudrait une langue capable de tout dire. Or, on sait bien qu’on ne le peut pas, qu’on ne l’a pas cette langue qui parlerait de l’âme à l’âme et dont rêva Rimbaud. C’est à partir de ce manque que l’on écrit – dans cet effort/cette tension – pour représenter l’irreprésentable, ce quelque chose qui dans le traumatique est illisible parce qu’il ne peut s’écrire."

Les Roms dans les villages, les dieux et les héros grecs et romains, les hommes bleus du désert, les hommes noirs de Tombouctou, tous depuis l'enfance traversent mon regard, ma pensée, occupent mes paysages.
Maintenant, ils s’installent dans mes poèmes. Le recueil
Ceux du lointain tisse des liens dans le temps, dans l’espace entre des princes d’exil, Enée le Troyen, Brika la Rom, Najah le Syrien et tous les migrants, d’où qu’ils viennent.
Ces poèmes nomades portent dans leur mouvement, dans leur rythme, dans la présence des corps et des lieux, dans la parole qu’ils donnent, dans la rage, la honte, et la précaution délicate. Ces poèmes portent l’exigence d’une évidence, qui a toujours besoin d’être répétée : l’Autre, l’étrange étranger est mon semblable, et l’hospitalité, l'humaine manière d’être un humain.
Patricia Cottron-Daubigné

 

Extraits

1- Énée de Syrie

Arma virumque cano *
les armes et l’homme
Énée de Syrie
dans mon poème je les raconte
Énée de Syrie c’est son nom
l’homme que les armes
ont chassé ont fait fuir
ont fait venir
ici       

Énée de Syrie comme il y eut
Énée de Troie  
le même troyen syrien érythréen
exilé de tous les siècles de tous les lieux
Aeneas sur les mers sur les terres
errant et mendiant
dans la rage du désespoir
dans mon chant je dis
Ahmed Énee Najah Ali
je dis l’homme en lambeaux
et du plus haut courage      
je dis l’interdit le refusé
je le glisse dans mes mots
ma langue  
comme une terre   
je l’accueille

j’accueille ses pieds en sang

c’est chez Virgile que je lis ce que je cherche dans mes mots depuis des mois. Je lis, je regarde, je cherche, je pleure, j’ai honte
j’écris. Je cherche sur tant de feuilles noircies ce que je veux dire
à l’écart
des discours comptables et coupables
à l’écart
des peurs entretenues
je trouve dans l’Énéide que je relis, la guerre, la fuite, l’errance du héros la même histoire
je lis l’exilé
accueilli

Chassé par le destin des bords de Troie
Il vint en Italie aux rivages
où s’élevait Lavinium *
par le destin chassé
dieux et Mycéniens jadis
prenant les terres riches d’Asie mineure
dieux et dictateurs aujourd’hui
se nourrissant du sang des hommes

chassé par le destin celui des armes
massacres famines viols
terreurs et tortures
sauvage toujours la guerre

les siècles n’y changent rien
il faut partir

des mères et des hommes, et la jeunesse rassemblés pour l’exil, une foule misérable. Venus de partout ils étaient munis de courage et de ce qu’il faut pour embarquer vers n’importe quelles terres là où je voudrais les mener *

viols terreur carnage
la même histoire gardée
dans le tremblement du regard et des mains
il faut partir
Dans son long récit écrit en vers, il y a un peu plus de deux mille ans, Virgile raconte la guerre, Troie détruite, ravagée, dix ans de sièges et de combats ; il raconte la fuite d’Énée et d’autres troyens, leur errance
leur arrivée en Italie
l’Occident
où ils s’installent.
Rome des siècles plus tard naîtra d’eux et du peuple étrusque installé dans le Latium.
Je lis l’errance du héros
accueilli

enfin la joie du roi Latinus éclate : ce n’est pas à vous que sous mon règne, la fécondité d’une riche terre ni l’opulence de Troie risquent de manquer *

je prends chez Virgile cette leçon des temps
son présent éternel
cette histoire la même
le courage de celui qui part
quitte ce qui fut sa maison
des ruines  une mère pleure
cette histoire
la même
le courage
de celui qui affronte le monde
les barbelés tranchent les mains
tranchent les cœurs

jusqu’à l’homme
hôte face à l’hôte
autre face à l’autre
don ultime chacun
ce qu’il est et porte

l’histoire est là
son mouvement
nous t’accueillons
Aeneas Syriacus
Ali d’Érythrée
Najah de Syrie
Ahmed du Soudan
nous vous accueillons
vous et vos compagnons

 

Lire un autre extrait


Revue de presse :

> Lire l'article de Jean-Pierre Longre sur le site Notes et chroniques
> Lire la note de Claude Vercey dans la revue Décharge N°173 (avril 2017)
> Lire la note parue dans la revue Décharge (juin 2017)
> Lire la note d'Isabelle Lévesque parue dans La Nouvelle Quinzaine Littéraire N°1178, sept. 2017
> Lire la note de Michel Ménaché parue dans Europe, N° 1161-62, septembre 2017

 


 

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