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Les collections > Thoth

La Nuit débordeJeanne Bastide
La Nuit déborde
Prix : 11,00 € 10,45
Quantité :
EAN : 9782364180383
Format 10 x 20 centimètres
64 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 1er trimestre 2017
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

 

Propos du livre

Au soir de sa vie ses yeux portent encore loin, vers le passé et vers elle-même. Ses souvenirs prennent du relief, elle réinvente des lieux et pourtant quelque chose se dérobe au fur et à mesure qu’elle avance. Toujours entre mémoire et oubli. Dans son soliloque, c’est une autre qui parle et c’est elle qui se souvient. Jeu de miroirs décalés dont elle tente de lire la partition jusqu’au bout de son âge…
Jeanne Bastide nous convie cette fois à partager le quotidien, nuit mêlée au jour, d’une femme qui convoque sa vie et ses rêves afin que, chaque être ayant pris sa place, l’inéluctable puisse s’envisager.
Un remuement des jours qui, comme un ressac, envoûte le lecteur.

Extrait

Un chaos paisible s’installe dans mes intérieurs. Quelque chose s’organise sans moi. J’assiste à la métamorphose. C’est le soir que j’éprouve principalement ce sentiment de n’être plus moi-même. Je ne sais plus si je suis encore ou si je me suis quittée comme une vieille robe trop portée. Ce qui importe serait d’être là, dans ce fauteuil, seulement là, et que rêve et réalité, passé et présent se rejoignent. Que je n’aie jamais été séparée et que toutes ces vies se transforment en une seule.
Certains matins je m’habille (on m’habille) et me revient cette image que j’avais jeune fille des femmes qu’on dit mûres. Je revois la mère d’une amie que je trouvais désirable parce que bien en chair. Pulpeuse. Son dos laissait voir le poids du temps. Sa peau faisait des boursouflures et je trouvais ça tellement séduisant. Il y a quelques mois me plaisait encore cette trace du temps qui fait douceur sur la peau. Les renflements de plaisir, les courbes rondes et les épaules comme des collines alanguies. Images de femmes, de mères où la sécheresse des rides fait place à la luxuriance et aux vallonnements. J’avais alors une gratitude pour la vie qui arrondit les angles du plaisir. Ce temps n’est plus. Mes os me portent difficilement et l’arrondi est devenu voûté. Et chaque matin, devant le miroir, je mets mes rides en ordre.

Réveillée avec cette phrase La mort ne suffit pas. Quel rêve a charrié ces mots ? Puis je me souviens de ce rêve où j’étais avec mon fils Nicolas sur un mur de pierres sans pouvoir redescendre. Je ne trouve pas de prises. Nicolas me dit de me laisser glisser, qu’il va me recevoir sur ses épaules. Je ne suis pas contente, et redeviens l’enfant qui veut faire toute seule ! Ce matin, la mort ne suffit pas. Je reste perplexe. Il me semble que je voudrais faire contenir dans les mots ce qui est beaucoup plus grand qu’eux. Bien souvent des rêves dont je ne me souviens pas me réveillent. Ils persistent au fond de mes yeux, mais leur présence me bouscule. Je reste un moment les yeux fermés. Pour renouer avec le matin, explorer les filaments de rêve qui s’accrochent encore. J’hésite à ouvrir les yeux pour profiter de ce temps qui m’appartient dans la demi-obscurité. Éloignée encore pour quelques instants du quotidien.

Lire un autre extrait

Revue de presse

> Note de lecture de Michel Diaz parue sur son blog

 


 

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