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Les collections > Fonds Poésie

RestesQuentin Biasiolo
Restes
Prix : 12,50 € 11,88
Quantité :
EAN : 9782364180376
Format 14,5 x 20 centimètres
90 pages
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Poésie ”
ISSN : 2117-5470
Dépôt légal 4ème trimestre 2016
 

Biographie et bibliographie de l'auteur



Propos du livre

Premier titre d’un jeune auteur, ce livre, plus qu’un recueil de poèmes, est un vrai livre de poésie. Quentin Biasiolo fait preuve ici d’un souci – heureusement sensible – de l’assemblage, de la composition, du lien qui sert à coudre ensemble et articuler cet ensemble de 56 poèmes.
Une préface de Jean-Michel Maulpoix invite le lecteur à lire ces Restes comme blasons de nos ombres :
(…) La situation de départ est simple : inquiet de ses gestes, curieux de son silence, un homme s’adresse à une femme, à mots comptés, avant que celle-ci, à son tour, se substitue à lui et que deux paroles alternent au fil des pages. Mais ces propos sont tenus d’une manière si vive et si énigmatique que cela fait poème : sur fond de vie quelconque et de dédoublement, l’unique se dessine. C’est bien de cela, semble-t-il, que procède l’écriture : le singulier, le furtif, cueillis à même le familier par une espèce d’œil intérieur dont l’acuité photographique s’avère considérable, surtout quand il s’agit de capturer des ombres. (…)

 

Extraits

 

Vêtement

   Lorsque tu ne bouges pas tes mains restent cachées. Tes mains sont dans tes poches ou retirées simplement au-dedans de tes chairs. Sur une table noire – c’est là semble-t-il ton vrai repos c’est là ton unité – comment te verrait-on toi la chair retirée dans la chair. On entend seulement le froissement de tes muscles ou de tes mains – lorsqu’en toi-même tu te poses. La nuit très souvent – c’est là que je te connais le mieux c’est là tu le sais que je sens bien ta peau contre la mienne.

   Comment puis-je encore oser ouvrir la fenêtre pour dormir. Je sais pourtant que la nuit des choses de toute sorte passent par les ouvertures. Si je me réveille je ne sais jamais si c’est pour quelque mauvais rêve ou quelque esprit ou par la simple trace de tes pas sur ma nuque sur ma figure – toi la visite insaisissable toi le fragment de nuit qui n’est jamais le même.

   Au plus près de mon corps aussi bien que des autres corps – tu es cela qui a besoin de chair. J’ai l’impression tu dois le comprendre que ton propre repos n’est qu’au-dedans des intérieurs. Je ne te connais pas au plus près de l’herbe ou de la terre – cela ne t’intéresse pas. Même l’air je le vois n’est pas ta destination – tu y restes souvent faute de mieux.

   Tu n’es pas ce genre qui tisse petit à petit tu n’as pas le goût du lien ni de la patience. Tu es cette chose qui circonscrit un peu au hasard – toi les mains déployées qui m’entourent jusqu’au point d’écart jusqu’à trouver ton lieu – retiré au-dedans de mes chairs – sous une paupière ou à l’arrière d’un sein à l’arrière de mon corps renversé dans la nuit. C’est rassemblé en moi-même comme en un vêtement bien neuf que tu te poses fixement pour te multiplier.

 

Sérieux

   Tu ne me connais pas et je ne te connais pas. De toute façon qu’aurions-nous à nous dire. Je n’aurais à t’offrir çà et là que quelques bourdonnements – tu me répondrais par quelques injures. À l’origine de notre relation il y a ce fossé de bruits et d’agacements.

   Tu ne me comprends pas. Au plus près de toi de temps en temps je me pose. Tu ne me supportes pas. J’ai même le sentiment parfois que tu me trouves sale et presque indigne de ta compagnie. Comment donc faudrait-il que je sois. Peut-être est-ce simplement que tu n’aimes pas les brunes. À cela tu sais je ne peux rien faire. Je ne connais ni leurre ni camouflage. Face à toi je ne désire pas sembler autre.

   Quand autour de toi je tourne tu dis que je t’empêche de penser. Mais à quoi dois-tu penser sinon à moi-même moi qui cherche tout juste à t’apprivoiser. Y a-t-il quelque chose de plus sérieux que cela. Tu me condamnes et ne me comprends pas tu me traites d’inutile d’importune – toi qui fais bien l’important. Comme s’il y avait encore quoi que ce soit à penser.

   Alors pour toi je suis sale – une sorte de traînée – c’est bien là ce que tu penses. Moi la traînée des grands Boulevards moi la figure répugnante des générations spontanées. Je suis la fille des métros des vieux trottoirs où l’on ne marche pas. C’est moi qui ai le corset serré – et toi le souffle court toi les yeux inclinés vers mon origine ressaisie.

 

Lire un autre extrait

 

Revue de presse

> Lire l'article de Raphaël Monticelli dans le Basilic N°55 novembre 2016

 


 

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