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Les Feuilletons de l'Amourier > Feuilletons de Benjamin Taïeb au Palais de justice

6e Chambre correctionnelle7 septembre 2016
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M.A. a porté plainte contre M.T. pour harcèlement téléphonique. Ce dernier est l’ex-compagnon de la fille de M.A., et le père de l’enfant de celle-ci, qui a accouché fin août, cependant que MM. A. et T. s’échangeaient tout l’été des SMS d’une rare violence et d’une grande vulgarité, qualifiés par une présidente diplomate de propos « peu aimables et menaçants ». On comprend que M.A. souhaite protéger sa fille. Celle-ci semble toujours aimer M.T., mais elle a peur de lui. Le prévenu veut voir son fils. S’il aime Melle A., il est capable de lui écrire, après une séparation houleuse : « Je vais te trouver et t’enculer sale pute », précisant toutefois à l’audience : « C’était sur le coup des nerfs, Madame le juge ».
Suite à une ordonnance de protection notifiée en juin, M.T., crâne rasé, longiligne et solide gaillard de 27 ans, ancien pompier volontaire, n’a plus le droit d’approcher Melle A., ni aucun membre de sa famille. Il est pourtant vu en juillet en scooter, à la sortie du supermarché où Melle A. fait ses courses. Il s’approche d’elle, la saisit par le bras. Elle actionne le téléphone d’alerte « Grand danger », il s’éloigne. Une autre fois il est filmé, toujours en scooter, en train de suivre la voiture de son ex-compagne. En détention provisoire, il continue de lui écrire et –  alors qu’il n’est pas censé avoir de téléphone – de les harceler, elle et M.A., parfois plusieurs dizaines de fois par jour. Interrogé sur l’ordonnance de protection, M. T. répond qu’il a fait appel de cette mesure et qu’il « savai[t] pas que ça s’annulait pas », autrement dit, il pensait que l’appel était suspensif.
« – Comment vous voyez l’avenir ? », lui demande la présidente. « – Tout dépend s’il continue l’acharnement ou pas », répond M.T. « Il », c’est le père de son ex-compagne, agent de sécurité à la carrure de rugbyman, qui ne se laisse pas intimider par le prévenu et qui n’est pas en reste dans les provocations, du type : « Viens me chercher si t’es un homme ». M.T. se plaint ainsi de recevoir constamment des menaces et insultes de M. A., demande « un complément d’enquête » ; il n’exprime aucun remords, ne se remet nullement en question, se dit la victime dans cette affaire, parce qu’il « suffit de claquer des doigts pour me mettre en prison ». Il est vrai que son casier comporte 18 mentions pour vols, recel de vols, extorsion par violence, conduite sans permis, etc. Le prévenu ajoute, sur fond de rivalité masculine : « Elle a peur de son père. Une fois elle a couru en chaussettes jusqu’au commissariat… Oh, Madame le juge ! »
La principale intéressée, d’une grande vulnérabilité psychologique – elle a fait plusieurs tentatives de suicide avant même de connaître M.T. –, n’est pas là. Il semble néanmoins que les ex-amants continuent de s’appeler tous les jours. C’est elle qui a annoncé au prévenu la naissance de leur fils. L’avocate de la défense rappelle par ailleurs que l’ordonnance de protection a été prise alors que son client n’avait pas d’avocat et soutient que M.T. n’a jamais exercé de violence physique à l’encontre de Melle A.
Le harcèlement est caractérisé, les violences de M. T. à l’encontre de Melle A et de son père jugées sérieuses, la peine de prison requise contre le prévenu, qui s’emporte : « Je suis le père de famille. Qu’on m’empêche pas de voir le petit. Me mettre en prison, ça va faire quoi ? A la base, il est voulu ce petit ! »

Benjamin Taïeb

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