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Les collections > Thoth

L'Enfant qui regardait la merMichel Séonnet
L'Enfant qui regardait la mer
Prix : 13,00 € 12,35
Quantité :
EAN : 9782364180352
Format 10 x 20 centimètres
94 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 4e trimestre 2016
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

 

Propos du livre

Pour l’enfant rêveur, timide et malhabile, qui depuis la grève de la plage de Nice regarde la mer, les vagues sont un refuge complice. Il voudrait, à leur image, devenir eau et galets et s’immerger dans les mystères de la mer. Réceptif à sa violence, autant qu’à sa douceur sensuel­le, il découvre qu’elle a aussi pouvoir d’apporter jusqu’à lui des bribes du monde d’en face. La mer va l’ouvrir à l’inconnu, à l’étranger dont il guettera la venue, rêvant que de cette autre rive lui arrive un frère ou peut-être un amour.
Michel Séonnet nous offre ici un récit délicat dont le déroulé est rythmé par les vagues.

Extrait

Il y eut un matin où à mon arrivée sur la plage je trouvai échouée, étalée comme pour un séchage, une robe aux fleurs rouges lacérée comme si celle qui l’avait portée avait dû affronter en mer quelque terrible épreuve. J’imaginai des poissons aux dents acérées, des rascasses géantes, ou pire : des violences d’hommes. Bien sûr, je n’osai pas toucher à la robe. Encore moins m’en saisir. Avec un bâton ramené lui aussi par la mer, je me contentai de finir de la déployer, d’en étendre les courtes manches, les plis d’une sorte de volant, devant c’était une rangée de boutons à moitié arrachés et comme si ce fut obligation de pudeur qui m’était faite, j’entrepris de ramener l’un vers l’autre les pans déboutonnés. Le dos manquait. À la vue du gris doux des galets arrondis j’eus l’impression que c’était là les seins ronds de la femme que je cherchais à couvrir. Devant ce reste de robe outragée, je fus alors saisi d’une émotion si violente, inconnue, d’un vertige comme une noyade. Je savais peu encore des troubles qui empoignent le corps. J’eus l’impression d’un monde qui chavirait, qui s’ouvrait, et dans le même instant (mais par quels sournois détours venait taper à mes oreilles une loi que je ne savais pas avoir apprise ?) je sus que c’était là quelque chose d’une nature telle qu’il me faudrait le taire. Je ne pouvais laisser la robe. Je ne pouvais l’emporter. Je résolus alors de faire comme pour un trésor secret. Je dégageai des galets. Je creusai jusqu’à atteindre cette profondeur où les galets sont mouillés. Cette fois j’osai du bout des doigts saisir le tissu que je couchai au fond de la cavité. Je recouvris la robe de pierres. Avec délicatesse pour les premières qui touchaient le tissu, puis le reste, debout, poussant les galets du pied. C’est seulement à ce moment que je réalisai que je venais de l’enterrer. Plusieurs jours après, lorsque je revins, je ne trouvai plus la robe, je m’en voulus de ne pas mieux avoir repéré l’endroit. Je ne me voyais pas remuer les galets. Qu’aurais-je répondu si on m’avait questionné ? Ma peur d’avoir à avouer l’emporta. J’abandonnai toute recherche. Pendant longtemps, bien sûr, après un coup de mer, il m’arriva d’inspecter la plage à la recherche d’un bout de tissu rouge dépassant entre les galets. Mais la vérité, c’est que je pris goût à ne pas la retrouver. Aussitôt apparue, aussitôt disparue. N’était-ce pas là, précisément, les indices de ce que l’on appelle “ apparition ” ? Je voulus croire que quand bien même j’aurais creusé toute la plage, jamais je n’au­rais retrouvé la robe enterrée. Cela n’avait rien à voir avec quelque manque d’attention de ma part, une faute que j’aurais commise, de la désinvolture (si j’avais mieux repéré l’endroit, si je l’avais enterrée plus profond, si au lieu de l’enterrer je l’avais emportée, si…). La robe avec ses larges fleurs rouges m’était apparue puis avait disparu, je l’avais honorée de tous les soins que l’on doit à une apparition : respect, émotion, dévotion, secret aussi, la question n’était pas de savoir où elle était passée mais bien plutôt quelle était sa provenance, et que signifiait que ce soit à moi et à moi seul qu’elle se fût manifestée dans toute son émouvante fragilité. Était-ce là une apparition venue du lointain de l’autre bord ? Un appel ? Que m’annonçait (me promettait !) sa venue ? Me vint au fil des jours que m’était dévolu d’être comme le prince de Cendrillon qui ayant ramassé la pantoufle de vair n’a d’autre possibilité que de la faire essayer à toutes les jeunes filles du royaume jusqu’à trouver celle dont le pied se glissera dedans comme à l’intérieur de sa propre peau. Y aurait-il un jour une fille, une femme, dont je saurais qu’elle était celle qu’annonçait cette robe couchée sur les galets ? Une qui, comme l’avait fait la robe, viendrait à moi par la mer ?

Lire un autre extrait

Presse :

> Lire la note de Françoise Oriot parue dans le Basilic de septembre 2016
> Lire l'article de Jean-Baptiste Sarocchi paru dans Le Patriote Côte d'Azur N°160 du 4 novembre 2016


 

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