1, montée du Portal - 06390 Coaraze
Accueil Recherche Votre panier Valider votre commande Conditions de vente Nous contacter
Les librairies partenaires
Votre compte client
Pour accéder à votre compte, veuillez vous identifier :
E-mail :
Mot de passe :
Pour recevoir notre lettre d'information
e-mail :
Vers le site Compoir du livre SPE

Les collections > Thoth

PersonneRené Pons
Personne
Prix : 12,00 € 11,40
Quantité :
EAN : 9782364180215
Format 10 x 20 centimètres
78 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 1er trimestre 2015
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Ce livre réunit quatre nouvelles qui évoluent dans une atmosphère qui leur est commune ; une banalité sublimée par l’humanité de leurs personnages.
René Pons s’attache à décrire minutieusement le quotidien de ces êtres, encombrés de leur solitude, qui se croisent sans parvenir à communiquer. Des destins personnels et gauches, sortis de l’ombre par la plume à la fois malicieuse et attendrie de l’auteur.

Extrait

La chambre est un rectangle de trois mètres sur quatre.
À droite de la porte, un lit à une place, en cuivre, dont les boules ornementales ont été tordues ou arrachées, une armoire en bois blanc, sans glace, une chaise cannée, et une table de chevet sur laquelle, en permanence, est posé un verre plein d’une eau où flottent des miettes grisâtres.
À côté de la fenêtre, un lavabo, d’un modèle ancien, à deux robinets. Seul le robinet d’eau froide fonctionne. La bonde du trou d’évacuation a disparu et les chromes, usés, laissent entrevoir le jaune terni du métal. Quant à la faïence de la cuvette, fendillée, elle s’est écaillée sur les bords et les écaillures ont noirci.
Au-dessus du lavabo, un miroir au tain piqué. Entre le miroir et le lavabo, sur le papier peint, des éclaboussures ont dessiné des sortes d’archipels de taches et provoqué l’apparition d’une moisissure qui ne cesse de s’étendre.
La pièce est uniformément tapissée de gris. Il n’y a rien sur les murs, hormis deux pitons noirs. Vus de loin, ils ressemblent à des insectes morts.
Sur la chaise, en permanence, une valise en carton, râpée aux angles, striée de griffures, et dont la couleur marron a disparu par place, à cause du frottement. Le couvercle est ouvert ; on aperçoit des vêtements fripés, une brosse à cheveux, un missel et d’anciennes boîtes de médicaments entourées d’élastiques.
En face du lit, la fenêtre donne sur une de ces cours profondes que l’on nomme parfois des puits. À travers les vitres sans rideaux, par moments, on voit des pigeons venir se poser sur le rebord de zinc encroûté de fientes durcies. Ils piquent des bribes de miettes collées au fond d’une assiette ébréchée, puis s’envolent. C’est en général vers le début de l’après-midi que l’assiette est pleine de morceaux de pain sec ; mais il arrive qu’elle reste vide toute la journée.
En sortant de la chambre, on se trouve devant un étroit escalier de bois. Les marches résonnent à chaque pas, la rampe vibre sous la main, comme si les barreaux, mal scellés, allaient se détacher, mais la rampe vibre ainsi depuis des années et elle ne s’est jamais détachée.
En bas, le patron de l’hôtel est assis derrière son comptoir. Immobile. Devant lui, le registre noir dans lequel sont inscrits les noms des locataires. À côté de lui le téléphone. Derrière lui le tableau de bois, auquel pendent les clefs des chambres, avec chacune leur numéro découpé dans un rond de cuivre poli par le frottement des mains. Le patron doit avoir quarante-cinq ou cinquante ans. Ses cheveux grisonnants et rares sont lissés sur les tempes. Sa moustache fine se découpe, comme un trait, sur la lèvre supérieure.
Dans la rue elle marche, le long des façades, le regard fixé devant elle, les mains serrées sur son sac. Des gens la croisent, la dépassent, grands et rapides, et, pour les regarder, elle est obligée de lever la tête. À l’exception des enfants bien entendu.



Lire un autre extrait

Lire l'article paru dans Le Matricule des anges de mars 2015

Site e-commerce par Raynette.