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Les collections > Fonds Proses

La Seconde Vie de Clément GarcinCyrille Latour
La Seconde Vie de Clément Garcin
Prix : 15,00 € 14,25
Quantité :
EAN : 9782364180130
Format 14,5 x 20 centimètres
158 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN : 2259-6976
Dépôt légal 4° trimestre 2014
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Après un long coma, un homme (nommé Clément Garcin) se réveille. Pas à pas, il lui faut reprendre place parmi les siens dans un monde qu’il découvre fragile et incertain car rien, désormais, ne sera plus comme avant.
Doutant de sa propre aptitude à la vie, ses relations familiales et professionnelles seront durablement perturbées. Qui s’encombrerait d'un miraculé face à la puissance du miracle ?
En parallèle au récit, une mystérieuse étudiante en art se consacre à la résurrection de Lazare. S’immergeant dans les représentations du Caravage, de Van Gogh, Redon ou Bloch, elle part à la recherche de sa propre histoire.
Cyrille Latour entremêle de façon ingénieuse ces deux voix, à quinze années de distance, entraînant le lecteur dans la quête intérieure de ses personnages où l’art ne cesse d’interroger le sens de leur existence. Un roman vertigineux.

 

Extrait

La lumière lui déchire les yeux. Un souffle violent s’empare de sa gorge, traverse sa trachée et gonfle d’un poison brûlant ses poumons. L’air se fraie un chemin inédit et douloureux à l’intérieur de son corps. L’impression d’avaler du verre pilé à chaque inspiration. Il sent cette gêne dans sa bouche. Ses dents prennent plus de place qu’auparavant. Sa langue a doublé de volume. Il veut parler, mais quelque chose obstrue sa parole. Un cri inarticulé emplit l’espace. Il le ferait taire s’il avait seulement conscience d’en être à l’origine. Il cherche à dégager sa bouche. Il s’agite, balance ses bras autour de son visage. À un moment, il est persuadé d’y être arrivé, de saisir quelque chose à pleines mains et de tirer brusquement dessus. Mais rien ne se passe. Toujours ce cri insoutenable dans ses oreilles, relayé par le hululement des machines. Il ne se rend pas compte qu’il est incapable du moindre mouvement. Seul le bout de ses doigts a remué. Tout doucement. Timide salut adressé à l’inconnu. Bien évidemment, il ne se souvient pas de l’émotion qu’il a suscitée, il y a tout juste dix jours, quand, tirant soudain ses doigts de leur profond engourdissement, il a pour la première fois réussi à les faire bouger. Alexandra était là, assise sur ce fauteuil en skaï que des mois de visites quotidiennes commençaient à user. Elle tenait sa main inerte dans la sienne, suivait d’une voix douce le fil de cette conversation qu’elle se refusait à prendre pour un monologue. Elle parlait de son travail. De l’entrée de Linou à l’école. De la nouvelle carte postale qu’elle avait déposée sur la table de nuit. Elle n’a pas tout de suite réagi. À vrai dire, elle n’était pas sûre. Peut-être son imagination lui jouait-elle des tours ? Peut-être n’était-ce que le battement de ses propres veines accentué par la pression de sa paume ? Mais non, voilà que ça recommençait. Distinctement. Oui, il répondait au contact de ses mains. Il bougeait. Il se réveille ! Les médecins avaient vite tempéré son enthousiasme. Ils avaient parlé de réflexe. Simple réponse à un stimulus. L’écho lointain d’un comportement passé. Dans le flot de paroles prudentes qu’elle se forçait à retenir, Alexandra entendit seulement le mot réponse. Et c’était comme si, pour la première fois depuis une éternité, on lui avait dit espoir. Une forme blanche apparaît dans le halo de lumière. On se penche sur lui. On le touche. Il le sent. Oui, il le sent. Mieux : il le sait ! Sa conscience fait comme une morsure à l’intérieur de son esprit. Désormais il se souvient. Mais il oublie aussitôt. En partie. L’événement lui revient par flashs. Le temps se dilate et se précipite à la fois. Le bruit de la tôle qui se compresse. La fumée noire. Le sang. Le plastique qui fond. La douleur dans la poitrine. Oui, désormais il se souvient. Pire : il se souvient qu’il se souvient. La séquence est montée dans le désordre. En boucle. Et chaque nouvelle combinaison porte en elle l’écho de la précédente. Ce silence inexplicable après l’impact. Fragment d’hébétude avant la panique. Une sueur froide l’envahit par vagues successives. Les questions surgissent. Sans réponse. Il a les yeux grands ouverts. On s’agite autour de lui. Il cherche un visage. Mais il n’y a personne. Il y a juste ces voix qui sifflent. Il les a déjà entendues. Elles disaient : paralysie, brûlures, état végétatif. Et lui ne pouvait pas répondre. Ce sont bien les mêmes voix. Ce sont bien les spectres de ce cauchemar dont il s’extirpe avec horreur et qui le ré-aspire aussitôt. On le manipule. Le cri se tait. La lumière redevient supportable. L’air dans ses poumons est de nouveau respirable. Il s’apaise. Il s’endort. Il s’endort, oui, mais cette fois il sait qu’il se réveillera. Et, au creux de cette certitude, comme en embuscade : le souvenir toujours à vif de ce premier réveil.



Lire un autre extrait

Presse
> Écouter l'interview de l'auteur sur Radio libertaire (15/02/2015)

> Lire l'article paru dans le Basilic

> Lire l'article paru dans La Lettre du SFCC (Syndicat français de la critique cinéma)
> Voir l'interview dans l'émission "Des mots de minuit" animée par Philippe Lefait

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