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Les collections > Bio

Sur les pas de mon pèreMarie-Louise Audiberti
Sur les pas de mon père
Prix : 15,00 € 14,25
Quantité :
EAN : 9782915120998
Format 14,5 x 20 centimètres
126 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Bio ”
ISSN en cours
Dépôt légal 3° trimestre 2014
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Jacques Audiberti, poète, romancier et célèbre dramaturge, ogre fragile oscillant entre rires tonitruants et fêlures intimes, démiurge sans cesse inquiet, a traversé la vie engendrant et chevauchant d’innombrables déferlantes de mots.
Marie-Louise Audiberti, écrivain elle aussi, a grandi auprès de cet homme fait de débordements, de générosité et de mystères.
Aujourd’hui elle tente de suivre ce père fantasque, l’accompagner dans ses tribulations, imaginaires ou non. Si d’autres savent expliciter savamment l’écriture audibertienne et l’explorer de l’intérieur, Marie-Louise Audiberti s’est donné pour but de confronter l’homme et l’œuvre, le père et le verbe.
En même temps qu’une époque, elle visite les lieux fondateurs, d’Antibes à Paris, villes où l’essentiel se joue, car ce père marche les rues, comme il marche les mots.

 

Extrait

Victor Hugo

Une autre figure tutélaire enfantée par les lieux est Victor Hugo. Quel rapport avec Antibes ? À l’époque n’existait pas encore le buste de l’écrivain érigé aujourd’hui sur les remparts, le front lumineux et vert, les cheveux rabattus en arrière comme lissés par les vagues en délire. Dans la masse oxydée je vois un crâne énorme, des yeux bridés, assez pervers, la bouche finement sensuelle de l’homme qui aimait trop les femmes. Le jeune lecteur prévoyait-il que le dieu des lettres se poserait un jour à Antibes entre Picasso, Vauban, Napoléon, et d’autres têtes couronnées ?
Si Victor Hugo s’est vite imposé à lui c’est qu’à Antibes, dans la maison de la rue du Saint-Esprit et plus tard avenue Saint-Roch, il y avait des livres, de vrais livres. Mon père s’en étonnait lui-même. D’où venaient ces livres ? Qui les avait achetés, apportés ? Les œuvres de Victor Hugo dans la collection Nelson, j’ai pu les voir sagement alignées dans la bibliothèque du grand-père. Et c’est ainsi que le fils du maçon devient un grand hugolien.
Lire c’est déjà écrire. Si Napoléon est la figure du pouvoir militaire, le conquérant type, Victor Hugo est une sorte de Dieu le père, maître ès poésie. “ Pour mon compte, écrit Audiberti, je n’aimais que Hugo, tant dans les livres qu’il avait donnés sous son propre nom que dans ceux qui le dénonçaient à travers un pseudonyme transparent, Michelet, Leconte de Lisle, Gustave Flaubert, Émile Zola ”, Victor Hugo dont Breton lui-même dit qu’il a ouvert la voie au surréalisme.
Son admiration pour Hugo n’était pas sans quelque nuance. Quand mon père annonce à Paulhan son poème V.H., il le prévient : “ J’en fais Dieu, vous savez, mais je lui dis ses quatre vérités.” Pour lui, Hugo n’avait pas mis le bonnet rouge au dictionnaire contrairement à ce qu’il avait annoncé. Lui, Audiberti, allait davantage faire éclater la langue, la dévergonder.
Quant à l’exil forcé d’Hugo à Guernesey, papa a son idée car il connaît le pouvoir des lieux. L’exil nous ramène au cœur même de la poétique. Hugo, dans son trajet d’homme et de poète, avait “ soif d’océan et de plein ciel ”. “ II avait eu l’instinct viscéral de sa propre légende.”
Hugo, encore un homme qui marche. Il marche pour voir. Les îles anglo-normandes, les îles de l’exil, il ne cesse de les arpenter pour mieux les absorber. Comment le jeune poète antibois si sensible au concret des lieux ne se sentirait-il pas proche du grand écrivain capable de s’assimiler aux éléments, d’en puiser la force de son verbe dans une sorte de dévoration ? Là où les destins s’écartent, c’est que Victor Hugo est aussi un homme politique, tandis qu’Audiberti reste éminemment un homme poétique, sauf à considérer que la poésie, censée retourner à l’essence du monde, serait essentiellement politique. Pour Audiberti, le coup d’État du 2 décembre “ décochait deux prétendants analogues, conservateurs cocardiers teintés d’ouvriérisme prudent, chacun sur un trône, ici de velours, là de rocher, l’un comme l’autre au plein de son majeur souhait, souhait lucide chez le Bonaparte d’Amsterdam, souhait touffu chez le Jehovah de Besançon.”


Lire un autre extrait

Lire l'article de Jérôme Garcin "Le choix de L'Obs"

Lire L'interview de l'auteur dans La Dépêche.fr

Lire l'article de Gilles Costaz sur le site WebThéâtre

Écouter sur France Culture la Nuit spéciale Audiberti avec Marie-Louise Audiberti par Christine Goémé

Lire les autres articles : Matricule das anges, Basilic

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