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Les collections > Fonds Proses

La Fille sauvage de SongyAnne Cayre
La Fille sauvage de Songy
Prix : 20,00 € 19,00
Quantité :
EAN : 9782915120936
Format 14,5 x 20 centimètres
288 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN : 2259-6976
Dépôt légal 4° trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

La fille sauvage de Songy – sujet de ce beau roman –  a vécu au XVIIIe siècle, capturée en forêt champenoise par des villageois de Songy.
Des documents officiels, des livres, attestent de quelques événements de sa vie, son baptême, sa mort, mais en laissant de côté, toujours, le ressenti de cette jeune fille. Anne Cayre choisit de combler ce manque, de redonner à celle qui deviendra plus tard Marie-Angélique Le Blanc, une réalité physique et morale dont la privent tous les écrits de cette époque.
En s’appuyant sur les archives, l’auteure imagine avec beaucoup de délicatesse les difficultés et les souffrances éprouvées par cette enfant que l’on voit combattre et résister pour sa survie, puis, petit à petit se familiariser avec le langage et l’écriture, se sociabiliser jusqu’à parvenir, adulte, à une autonomie et à une réflexion qui la sauveront. Ou pas.

 

Extrait

Sans doute, délaissant les ronces et les prunelliers aux fruits desséchés, les eaux basses de la rivière, rodait-elle depuis plusieurs jours autour du village de Songy, observant de loin les miséreux postés au bord des champs, qui gardaient pour deux sous la journée les maigres récoltes rescapées d’une sécheresse, dont personne ne se souvenait en avoir connu de pareille. Sans doute était-ce elle que quelques jours auparavant, le berger du vicomte d’Épinoy avait aperçue un matin, accroupie dans les vignes, écorchant fébrilement des grenouilles, les dévorant enveloppées de feuilles. Elle s’était enfuie aussitôt, une noire créature cachée sous une broussaille de cheveux, le diable en personne, avait raconté le berger à son maître, à sa femme, à qui voulait l’entendre.
Dans ce village de Songy perdu dans la plaine à quatre lieues de Châlons-en-Champagne, l’histoire avait suscité un mélange de fascination et d’incrédulité.
Mais en ce 8 septembre 1731, dans le soir qui tombait, ils la voyaient de leurs propres yeux. Le berger n’avait ni rêvé ni perdu la raison : elle était là, devant eux, blottie au creux de l’arbre, les genoux repliés sous le menton, les mains crispées sur le tronc. Elle était à demi-nue, ses hanches entourées de peaux de bêtes. Sa peau était sombre, d’une noirceur qu’il n’avait jamais vue chez aucun des leurs. “ Une nègre, pour sûr, c’est une nègre ”, répétait le garçon de ferme.
Elle les regardait à travers le feuillage, terrorisée par cette poignée d’hommes qui juraient et frappaient le sol de leur fourche, par ces chiens qui se jetaient contre le tronc en aboyant, ces femmes qui accouraient, des enfants accrochés à leurs jupes.
Les gens du vicomte d’Épinoy, le seigneur de Songy, l’avaient surprise sur les terres de leur maître dans un pommier chargé de fruits d’où, effrayée, elle avait sauté sur un autre pommier, sur un autre encore, avant de se laisser glisser sur le sol pour courir vers la rivière.
Dans sa course éperdue, c’est en vain qu’ils avaient tenté de la rattraper, et lorsqu’elle eût grimpé très haut dans l’un des arbres qui longeaient l’eau derrière le château, en vain qu’ils avaient tenté de l’en faire descendre.
En attendant que le seigneur fût prévenu et donnât ses ordres, ils l’observaient. Parfois, s’agrippant des pieds et des mains, à quatre pattes elle commençait d’avancer vers l’extrémité d’une branche pour s’échapper sur un arbre voisin. Leurs petits serrés contre elles, les femmes reculaient en se signant, les hommes s’approchaient, prêts à bondir. Mais la créature renonçait et revenait à reculons se recroqueviller dans la fourche de l’arbre.
Le corps agité de soubresauts, de petits mouvements incessants, elle roulait des yeux apeurés, tournait par saccades sa tête de tous les côtés pour chercher par où s’échapper, la levait vers le haut de l’arbre, le cou tendu, la bouche grand ouverte comme pour aspirer le ciel. Puis elle regardait vers le sol, leur laissant entrevoir à travers les mèches de son épaisse toison noire un visage noir, un regard de bête traquée.
“ Descends ! Vas-tu descendre ! ” criaient les paysans, leur fourche pointée vers elle. Écumants de bave, montrant leurs crocs, les chiens se dressaient contre le tronc, griffaient l’écorce. Un homme dit que c’était elle, c’était elle, pour sûr, la diablesse que des gens du côté de Vitry-le-François avaient vu tuer un dogue lâché sur elle d’un seul coup de bâton.



Lire un autre extrait

Lire la revue de presse

Écouter sur France-Culture Du jour au lendemain Alain Veinstein reçoit François Dominique qui parle notamment de La Fille sauvage de Songy.

Lire l'article de Bernard Morlino sur son blog (avec de belles vues de Coaraze)

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