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Les collections > Fonds Proses

L'Âge du ChristJean Mailland
L'Âge du Christ
Prix : 19,50 € 18,52
Quantité :
EAN : 9782915120899
Format 14,5 x 20 centimètres
258 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN : 2259-6976
Dépôt légal 4° trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Écrivain, Jean Mailland est aussi poète, homme de théâtre, de cinéma, de télévision.
Dans L’Âge du Christ, il reprend et renouvelle la forme du journal d’écrivain.  Au jour le jour, prend corps un texte qui mêle plusieurs récits dont les intrigues se font écho et deviennent des métaphores les unes des autres :
Son amour absolu pour Anna Prucnal, la grande chanteuse polonaise, amour qui doit résister aux frontières, aux distances, à la différence des langues.
Son travail d’écriture, qui apparaît souvent écrasant et presqu’infaisable.
L’actualité d’un monde chaotique déchiré par la Guerre froide.

Au fil des pages, le lecteur croise Armand Gatti, Roger Vadim, Roger Planchon, Hubert Beuve-Méry, Jacques Chirac et tant d’autres.
Tandis que ces personnages de la réalité semblent parfois relever de la fiction, les personnages du roman en cours acquièrent une étrange réalité.

 

Extrait


7 janvier
Paris, Lacépède

Terminé cette émission portrait de Beuve-Méry, Un homme du Monde. Ouf. J’ai eu très peur. Mais maintenant ça me plaît. Le principal. Cela plaît aussi à l’Olivier (Todd) qui me propose un film… en Algérie.
Pourquoi pas. Il faut absolument aller partout dans le monde en entrant dans cette année dite du Christ, un bon signe pour vivre avec une Polonaise. J’ai accepté une nouvelle émission pour Panorama, à tourner en trois jours, sur la condition des Noirs africains en banlieue parisienne parqués chez les marchands de sommeil. Ça fera deux mille francs de plus pour moi et un bout de regard fraternel pour eux. Ensuite une émission avec Claude Roy en Hongrie ou ailleurs, ce n’est pas encore décidé. Je ne bois presque plus et mange moins. Il faut de la forme et faire des économies.
Trop de choses et d’événements qui se bousculent en moi. Je n’arrive pas à l’écrire, puis je ne vais pas me mettre à faire le Gide.
Je me sens si calme. Mon souvenir de Varsovie, tellement, normalement beau. Lisse comme un galet du Chéran. J’aime la beauté prévisible. Celle qui a été vue avant et que l’on voit enfin. Pas la révélation. La réalisation. L’accomplissement du rêve. Lorsqu’il n’est plus rêve, il s’appelle le bonheur.
J’ai eu aussi beaucoup de “ bonheur ” à rencontrer Beuve-Méry. Après tant de cons, de faux possesseurs (propriétaires) de la culture ou de l’ordre des choses et du monde. C’est devenu un peu notre papa ou notre copain maintenant. Il me plairait de le revoir par la suite. Mais il en est toujours ainsi avec les émissions de télévision, on perd très vite contact, le travail terminé, d’autres hommes viennent à leur tour dévorer votre intérêt. Puis ce que nous avons vécu nous le gardons en nous. On ne reconstitue pas les émotions. On doit les vivre pleinement. Ce rapport fugitif et violent que nous avons en tournant.
Lorsqu’on met un homme face à vous, devant l’œil caméra et que l’on trouve l’instant exact pour qu’il puisse s’exprimer en le faisant sortir de sa carapace, de ses tics de langage ou de comportement, en le faisant descendre de cette barricade où il agite ses drapeaux imaginaires, ses méchantes ambitions ou certitudes. Les autres, ses collaborateurs émus ? Ou jouant l’émotion devant nous ? Se disant : j’y étais. Se demandant aussi : est-ce que je resterai ? Mélange de trouille, dernier acte d’allégeance.
Nous avons filmé Beuve jouant imperturbable, à onze heures pile, son dernier rôle au comité de rédaction du matin. Tous, debout face au patron. Pour lui, un jour ordinaire.
Le lendemain matin, à la même heure, nous les filmons assis autour du petit surveillant Fauvet, le maître d’école n’était plus là. Le Monde non plus. Presque de la gaieté, du soulagement chez les bons élèves. Pauvres de vous.

J’aime ma douce Anna. J’aime pouvoir enfin écrire son nom en plein jour et savoir que nous serons bientôt vraiment réunis et que ce jour est tout proche. Nous deux ensemble, maintenant, vieux, heureux, plein de notre vieil et nouvel amour.
Le pari de cet amour est énorme et gagnable. Par moins trente, on peut prendre des décisions la tête froide. J’aime ce que j’ai vu et vécu dans cette Varsovie. Puisque déjà je l’aimais. Je ne raconterai pas Anna. L’arrivée à l’aéroport. Nos retrouvailles du nouvel an. Nous avons mené une bonne guerre. En vieux soldats, nous nous sommes retrouvés. Puis-je y reprendre un second ou même premier souffle ?
Ou alors plus rien au monde ne sera possible pour moi.
Je garde ma joie.



Lire un autre extrait

Lire l'entretien de Raphaël Monticelli avec Jean Mailland paru dans le Basilic de septembre 2013

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