1, montée du Portal - 06390 Coaraze
Accueil Recherche Votre panier Valider votre commande Conditions de vente Nous contacter
Les librairies partenaires
Votre compte client
Pour accéder à votre compte, veuillez vous identifier :
E-mail :
Mot de passe :
Pour recevoir notre lettre d'information
e-mail :
Vers le site Compoir du livre SPE

Les collections > Fonds Poésie

Vers les riverainesAlain Freixe
Vers les riveraines
Prix : 13,50 € 12,82
Quantité :
EAN : 9782915120905
Format 14,5 x 20 centimètres
116 pages
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Poésie ”
ISSN : 2117-5470
Dépôt légal 3ème trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur



Propos du livre

Après Avant la nuit (2003), Dans les ramas (2007), Vers les riveraines poursuit la marche entamée avec Comme des pas qui s’éloignent (1999).
Marche tâtonnante, les pas se touchant là où ils s’écartent, enjambées s’efforçant d’être attentives à ce qui vient au devant d’elles se découvrant, mot à mot. Où chemine l’écriture s’ouvrent les sentiers du temps : hier, aujourd’hui et demain s’y croisent, se perdent ici pour réapparaître plus loin. S’ouvrent les questions qui de l’homme sont le sol. Et le ciel.
Vers les riveraines est un livre dont la composition fait alterner textes en prose et textes en vers, donc des rythmes et des phrasés différents. Et tout cela pour que ça tienne : ponts, passerelles, passages.
Vers… l’idée est toujours celle d’un mouvement. Depuis Les Échappées réfractaires qui ouvrent l’ouvrage pour dire la résistance aux très hautes / fortes lumières, celles aveuglantes qui portent / trouent le monde vers ces Jours noirs qui le terminent sans le fermer, spirale de "parfum et musique", couleur noire de l’inattendu et de "l’impossible vivant" (René Char).
Ainsi les "riveraines" sont-elles un des noms possibles pour ce qui en manque. Un des noms pour ces choses qui ne se donnent pas à voir et se voient pourtant. Lueurs à entendre dans le tremblé des rives. Ces riens où trouve à se réancrer le vécu et le temps à se déplier à nouveau.

Alain Freixe



Extrait


Échappées réfractaires

Le monde, c’est mur sur mur. Ombres de pendules aux aiguilles de sables mouvants et silences barrés de froid, de nuit et de cris.
Ici, on ne passe pas. On est cerné. Pris dans la houle des murs. Seule la mort bat de l’aile entre mousses, lichens et salpêtre. C’est à peine si on le voit se poser. Cirer quelques visages et prendre des amis à ses affiches mal collées.
Par où passer quand le monde fait la roue entre torpeur et hypnose dans la nuit du sens ?


Malgré des yeux paralysés, les mots cherchent la brèche. Traversent parfois. Éboulent autour, un peu. Certains donnent consistance à la traversée tandis que d’autres se perdent au dehors. Restent ces échappées, bordées du noir âpre des plaies, ces meurtrières sur la nuit. Quand la nuit est toute la nuit.


Ni empreintes, ni contours qui seraient lambeaux de chair séchée au feu du regard, les mots que nous aimons sont enjambées risquées, courses poudreuses, écarts et pas.
Ce sont eux que l’on entend marcher dans les livres, rompre quelques ronces, écarter brisées et feuilles mortes, s’éloigner en quelques passées anciennes, se perdre. Et vibrer, longtemps. Après.
Oui, à lire, c’est cela qu’on entend. Cette avancée. De nuit. Tandis que se taisent les cris du monde. Que refluent les voix des amis. Que se brouillent les traces.


Celui qui lit est seul. De trous noirs en trous noirs. Comme aspiré dans le grand champ des pages. Seul, dans le livre. À mener une course aux terres les plus froides de soi. Sous grande lune dont s’est armé un ciel tout occupé à éventrer les banquises qui craquent de tous leurs os glacés.


À refermer le livre, le cœur ira dormir. Au chaud des débâcles d’eaux vives. Front contre nuit, il saura que dans les pierres creuses, ces têtes de mort en charpente pour l’écarté des métamorphoses, que dans ces cargneules, demoiselles aux vanités sombres, poussent des merisiers, portes claires qui s’ouvrent sur l’autre côté où ne meurent plus les heures. Malgré la pluie.
Car il pleut comme il respire sur un dehors déjà noyé d’eau. Et sur les vitres, une buée d’âme aveugle les forêts. Et tous les chemins du monde. Jusqu’aux murs.


Dehors la pluie recoud à grand peine les roses.
Tout est toujours en ordre en la terre compacte. Et nous restons, à perte de vue, à perte de nom, en suspension. À cause des coups. À cause de tout ce qui nous bat le cœur dans le temps disjoint.
Ce n’est pas le rapport au temps qui importe, c’est son port.
Comment portez-vous le temps qui vous porte ?
Comment parlez-vous des morts ?

Lire un autre extrait

Lire la revue de presse


 

Site e-commerce par Raynette.