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Les collections > Fonds Proses

Et à l'eau tu retournerasSaïd Sayagh
Et à l'eau tu retourneras
Prix : 16,00 € 15,20
Quantité :
EAN : 9782915120875
Format 14,5 x 20 centimètres
166 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN : 2259-6976
Dépôt légal 2° trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Un narrateur adulte emprunte à l’enfant qu’il fut son regard, encore vierge et pur, pour retrouver ses eaux d’origine :
Je la revois encore aujourd’hui, gracile, riant, barbotant de toute sa joie dans le petit lac salé, à droite des sources d’où jaillissent les torrents qui font le fleuve.
– Elles sont froides, a-t-elle dit en berbère, à propos de l’eau, toujours plurielle dans sa langue.

Au gré des remous, il revoit des femmes libres tomber petit à petit sous la coupe d’hommes maniant un discours descendu du ciel, définitif, inaltérable, chargé de mises en garde et surtout d’hypocrisie. Les belles eaux limpides qui arrosent le Maroc depuis les hauteurs de l’Atlas se chargent d’humeurs pathogènes, de brumes aveuglantes et de vacarmes guerriers.
L’auteur, qui a rendu hommage à la constance de Lalla Zoulikha dans L’autre juive, salue, dans ce nouveau roman, le combat des femmes des montagnes nord-africaines contre l'asservissement et l’avilissement de leur culture.

 

Extrait

Ici, je sentais l’air frais passer par mes narines pour aller consoler doucement mes bronches enflammées.
Les plus gênés par le spectacle furent les citadins adultes. La scène devait confirmer leurs soupçons à propos des Berbères ; trop proches de la nature, superficiellement acquis aux contraintes et règles religieuses et, enclins aux plaisirs naturels inavouables.

Une petite fille qui me sembla avoir mon âge ou à peine plus âgée, dressa sa tête souriante pour attirer notre attention. Elle se mit à sautiller dans l’eau, gracieusement. Son visage fin, son corps gracile et nu lui donnaient une allure de libellule. Moi, je ne me regardais pas nu, même pas en cachette, même pas dans la pénombre épaisse et voluptueuse du hammam. Cela ne se faisait pas, c’est “ aïb ”, un défaut d’éducation !
Je la revois encore aujourd’hui, gracile, riant, barbotant de toute sa joie dans le petit lac salé, à droite des sources d’où jaillissent les torrents qui font le fleuve.
Je revois les cristaux de sel emprisonnant les couleurs, auréolant son petit corps frêle et vigoureux du même arc-en-ciel qui donnait au tronc de cèdre calciné, gisant au fond du petit lac, une impression de suspension irréelle et mouvante dans le vide aquatique. Son rire clair, sans trémolo, presque strident résonnait sur les parois de granit et de calcaire qui entourent le bassin encaissé d’où jaillissent les sources de l’Oum-Rbia, la mère de la verdure ou du printemps, le nom de l’oued, le fleuve. La petite fille plongeait la tête et la ressortait. Les gouttes d’eau fraîche retombaient comme des perles brillantes, de son menton doré par le soleil :
– Elles sont froides, a-t-elle dit en berbère, à propos de l’eau, toujours plurielle dans sa langue.
– Mahmma, ghiram, attention aux remous, lui lança une belle femme tatouée qui devait être sa mère.

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