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Les collections > Thoth

La Fenêtre du ventJeanne Bastide
La Fenêtre du vent
Prix : 11,50 € 10,93
Quantité :
EAN : 9782915120851
Format 10 x 20 centimètres
82 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 1er trimestre 2013
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Années 1840, conquête de l’Algérie. La France mène une “ campagne de pacification ”. Joseph, jeune conscrit, a quitté ses vignes et traversé la Méditerranée. Il s’adapte comme il peut à la vie du casernement mais il lui faut bientôt tenir son rôle dans cette tragédie : détruire les récoltes, piller et brûler les villages, massacrer les populations… Alors Joseph tue. Trop, pour lui. Il s’exprime peu ; les mots restent enfouis et tournent sans cesse dans sa tête. Car si Joseph est secret, c’est qu’il habite aussi un autre ciel où il fait corps avec l’intensité de la lumière, l’immensité du bleu, envoûté par le bruit d’une robe froissée qui s’éloigne…

Entre le dit et le non-dit, Jeanne Bastide s’empare de notre douloureux héritage colonial pour interroger, à travers les pensées et les actes de son narrateur, l’ambiguïté de la conscience humaine face à l’amour et à la guerre ; un chant d’exil sensible et fulgurant.

Extrait

7

J’ai voulu partir. Il y a longtemps. Au moins un mois. Je suis là, assis sur le seuil du baraquement, dans le soir qui tombe et je pense à ce temps de longtemps.
Plus d’un mois que je suis là. À faire une guerre que je ne comprends pas. À me répéter que cette terre est mienne alors qu’elle est déjà habitée. Quarante jours passés dans une chaleur sauvage à traquer l’indigène qui ne m’a rien fait.
Ma terre, je la connais. Ses vignes, la douceur de ses collines et ses habitants.
Ici, le vent griffe la peau et on disparaît dans la verticale de la lumière. Le soleil est direct. Ne s’encombre pas. L’ombre est transparente. Il faut superposer les ombres pour s’abriter.
Le capitaine “Que diable” qui est ici depuis plusieurs années a dû voir sa peau s’épaissir et ses yeux éclaircir. Quand je le regarde, j’ai l’impression que son regard vient de derrière lui et traverse son crâne. Son iris bleu est un éclair. Je n’en ai plus peur. Je crois qu’il cache sa bonté sous sa rudesse – comme les gens d’ici. Comme le climat d’ici.
Mais au combat, il est un autre homme. Spirituel et affable dans le privé, homme de bonne compagnie, il est impitoyable dans l’exercice de son autorité. Sa réputation d’homme cruel le devance. Certains jours il se fait gloire de la confirmer. “Qu’on leur tranche la tête, que diable, qu’est-ce que vous attendez ?” Cet homme est-il double ? Comment peut-il proclamer qu’avec “ces gens-là le meilleur langage à tenir est celui du sabre et de la terreur” et avoir un tel sourire dans les yeux ?
La semaine dernière il fait décapiter deux hommes sur la place publique – sans jugement. Je ne me rappelle même plus le prétexte ! “Il faut régner par la terreur” dit-il comme s’il prophétisait.
Il prédit l’avenir du pays. “Quand l’Algérie sera définitivement française coulera le lait et le miel comme en Palestine et en Égypte au temps des vaches grasses.” Je crois qu’il se prend pour un chevalier des temps modernes. Alger, la nouvelle Jérusalem !




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