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Les collections > Fonds Proses

Un anRené Pons
Un an
Prix : 16,00 € 15,20
Quantité :
EAN : 9782915120844
Format 14,5 x 20 centimètres
160 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN : 2259-6976
Dépôt légal 4° trimestre 2012
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Ce livre s’apparente à un journal, journal qui s’ouvre à la date du 28 mai 2010 et sera tenu pendant un an comme une autobiographie fragmentaire, la mise en scène par l’auteur d'une écriture en train de se tarir, et un regard lucide sur le monde dans lequel nous vivons.

Ici, nulle certitude, le doute imprègne tout le texte. L’auteur y déambule dans un labyrinthe de questions entre lesquelles éclosent parfois inattendus, de ténus émerveillements. Au jour le jour, des notules, des observations, des sensations, des réactions à l’actualité se conjuguent avec des souvenirs d’enfance, ceux qui ont fait de lui un lecteur puis un “ graphomane ”.
L’écriture de René Pons est exigeante, refusant bavardages et concessions, cultivant le mot juste et un certain humour à l’écart de toute complaisance.

 

Extrait


29 mai

La littérature, cette littérature dont on fait à la fois si peu de cas et si grand cas, a chaque jour un peu plus, puisque le livre est de plus en plus assimilé à une marchandise, un double visage. Un temps, les deux parties de ce visage furent à peu près égales. Le visage douloureux et le visage rieur s’équilibraient. Aujourd’hui, les choses sont moins claires. Une fausse légèreté a gagné la partie et les livres graves, interrogeants, sont de plus en plus repoussés par les livres de pur divertissement, livres porteurs d’oublis, vite oubliés d’ailleurs, qui ravalent la littérature au rang d’anodin tranquillisant. Il est certain que le lecteur moyen n’aime pas être dérangé dans sa digestion. Thomas Bernhard ou Beckett et quelques autres, sont, bien sûr, plus difficiles à assimiler qu’Amélie Nothomb ou Anna Gavalda. Les œuvres de ces auteurs (Bernhard et les autres), sont ce coup-de-poing sur la nuque dont Kafka faisait la vertu d’un livre digne de ce nom. Comme, en plus, réflexion sur l’homme, ils sont emploi singulier de l’écriture, l’effort qu’ils demandent est double. Or ces livres, qui nécessitent qu’on s’arrête un instant sur leur seuil, qu’on ne se précipite pas dans le labyrinthe qu’ils nous proposent, sont mal aimés des éditeurs qui préfèrent voir s’engouffrer une foule de lecteur peu exigeants dans un large portail sans mystère. De jour en jour, sans bruit, le monde se transforme, glissant vers la paresse mentale et le stéréotype. La langue, médias aidant, même dans les milieux où elle devrait être surveillée dans son évolution, car une langue, et c’est normal, et c’est souhaitable, évolue, est saccagée dans le sens de la paresse. Elle perd de son acuité, se salit de démagogie, se fossilise en formules et n’est plus perçue, par le plus grand nombre, y compris, hélas, pas mal d’écrivains, que comme un simple véhicule à anecdotes, au lieu du contraire. Étrangement, dans ce monde qui ne cesse de parler du corps, le corps réel est oublié au profit de son image, dont l’entretien induit toute une industrie. Mais la jouissance du corps, dans sa réalité profonde, où est-elle ? Or parler, écrire, même lorsqu’on dévoile, dénonce, attaque et blesse est jouissance. D’où vient alors chez les journalistes et autres porteurs de paroles, cet appauvrissement volontaire, dans les rédactions, du vocabulaire et de la grammaire ? Violence silencieuse, insidieuse envers la langue. Violence parmi tant d’autres, minuscules, tatillonnes ou, au contraire grossièrement spectaculaires, mais violence toujours, à chaque instant, de la part de subalternes qui trop souvent abusent de leur minuscule pouvoir.
Ce que j’écris là est connu et je sais que je ne découvre rien, mais je l’écris pour moi-même, je l’écris pour le plaisir de le formuler à ma manière, pas excellente sans doute, mais au moins la mienne. Puisse cette pratique de la reformulation se répandre c’est-à-dire, plume en main ou face à l’ordinateur, cet essai de réflexion à travers la langue. Qu’on me laisse rêver !


*


Malgré mon amour de la vérité, je sais que la façon dont je vois mon passé n’est à peu près que mensonge. Outre que nombre d’événements sont sortis de ma mémoire, ceux qui restent sont faussés par le combat perpétuel entre ce que je fus, contradictoire, incohérent, faible, parfois lâche, et ce que j’aurais aimé être. Toute autobiographie, si honnête que soit son auteur, est en grande partie erronée. Au fond, les grands menteurs, comme Joseph Roth, qui se réinventent une vie, ne sont pas plus faux que ceux qui prétendent à la vérité. Ils ont même souvent le mérite d’écrire une histoire bien plus intéressante que le plat récit qu’ils auraient donné s’ils avaient eu la plus parfaite honnêteté et une excellente mémoire.



Lire un autre extrait

Lire l'article de Marie Jo Freixe paru dans le Basilic de décembre 2012

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