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Approches critiques > Au fil des notes

Cœur ouvertElie Wiesel
Prix : 0,00
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Éditions Flammarion
Note d'Yves Ughes
 

Pour être tout à fait franc, le début paraît tout à fait anecdotique, et on est droit de se demander dans quel type de lecture on s'est embarqué. Remontées gastriques ? Pontages ? Des milliers d'individus passent par les urgences et n'en font pas un livre. Mais voilà, Elie Wiesel porte en lui les marques du siècle passé, en sa chair, en sa mémoire vit la part noire de notre mémoire : les cicatrices encore à vif des camps de la mort. Toute rupture physique personnelle prend dès lors une ampleur culturelle et historique qui entre en nous. L'hallucination hospitalière intime réveille les fantômes du siècle.  Je me suis étendu sur mon lit d’hôpital, mais c’est l’enfer. Ma peau se déchire. Mon corps entier est proche du feu. Je me vois dans la géhenne où règnent des anges cruels et sans pitié. Féru de textes médiévaux et de leurs châtiments dépassant l’imagination d’un enfant apeuré, je crois savoir – je sais – ce qu’il se passe en ces abîmes effrayants.
Larmes et hurlements remplissent les enfers souterrains.
C’est l’univers des flammes infligées aux pécheurs. Hommes pendus par leur langue, femmes par leurs seins. J’essaie de les identifier : en vain. Tous ont le visage défiguré. Moi aussi ?"

Avec ce cortège dantesque se pose une fois encore la question, mais ces questions s'imposeront  toujours à tout homme véritable : pourquoi je vis quand tant d'autres ont disparu ? Pourquoi suis-je sur-vivant ? Et comment témoigner de l'indicible ? De quel secours m'est la langue ? Est-elle seulement un recours ? Par des mots simples et profondément humains Elie Wiesel nous plonge au coeur des mystères, celui de la mort et celui d'être.

"Ai-je accompli mon devoir de rescapé ? Ai-je tout transmis ? Trop peut-être ?
Les cris des adolescents et les larmes des vieillards, les vagabonds mystiques et les penseurs ivres, les enfants muets et les femmes affamées d’amour, les riches et les pauvres : ai-je su user des mots justes pour les raconter ?"

Descente en enfer, quel enfer ? Le nôtre, celui que l'histoire a élaboré en nous, et qui n'a de cesse de nous renvoyer à la condition humaine. Mais Wiesel est un humaniste, il lui est visiblement impossible de se concevoir longtemps dans ces spirales négatives, la vie est en lui. Et toujours reprend le dessus. Une force puisée dans l'amour et le collectif. Nous devons aux autres vérité ET espoir.

"Juif, je crois en la venue du Messie. Mais cela ne signifie pas que le monde deviendra juif ; je pense qu’il deviendra tout simplement plus accueillant, plus humain. Et parce que j’appartiens à une génération ayant appris que, quelle que soit la question, l’indifférence et la résignation ne constituent pas la réponse.
La maladie peut me diminuer, mais pas m’anéantir. Le corps n’est pas éternel, mais l’idée de l’âme l’est. Le cerveau sera enterré, mais la mémoire lui survivra.
Tel est le miracle : une histoire sur le désespoir devient une histoire contre le désespoir."

Yves Ughes

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