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Approches critiques > Au fil des notes

J’ai un visage pour être aiméPaul Éluard
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Note d'Alain Freixe

Éditions Poésie / Gallimard, Cat. 4
 

Onzième printemps des poètes ! On en sort. Restent entre rires et sourires, émotions et projets, ouvrages divers publiés pour l’occasion, deux livres de Paul Eluard publiés dans la collection Poésie/Gallimard, histoire de ne pas oublier que « notre printemps est un printemps qui a raison ».
Le premier, J’ai un visage pour être aimé, est une anthologie, un choix de poèmes entre 1914 et 1951 fait par Paul Eluard lui-même peu de temps avant sa mort. Si l’on se souvenait que pour lui la plus belle anthologie était celle que l’on composait pour soi, on verrait que celle-ci lui donne encore une fois raison. Le visage qu’il nous donne de sa voix est fait pour se couvrir de regards. Il sait se faire aimer. On le suit de recueil en recueil, d’émotions en désirs, d’engagements en solidarités vers toujours plus de lumière où la raison trouverait enfin satisfaction. Au fil des livres sa passion du réeel ne se dément pas Toujours il y a dans ses poèmes de quoi nourrir la nôtre. Puiser les provisions nécessaires « pour vivre ici ».
Eluard est toujours à découvrir ou à redécouvrir. Toujours à lire. Merci à André Velter qui signe la préface de nous rendre d’Eluard une présence manifeste.
Si Paul Eluard écrit pour être aimé, Man Ray selon Eluard « dessine pour être aimé » comme il l’affirme dans sa préface à ces Mains libres qu’ils signent tous deux en 1936 pour l’offrir à Nusch et qui constitue le second volume publié en ce printemps.
Un dessin. Un poème. Accouplés, dans cet ordre. Donc ici les dessins sont premiers, les poèmes d’Eluard servent à les « illustrer ». Par ce mot, j’entends qu’ils éclairent, portent dans la lumière les dessins de Man Ray : « toujours le désir, jamais le besoin ». Formidable renversement ! Si la toile de fond du recueil reste bien la guerre d’Espagne et les difficultés que traverse le Front Populaire, le thème dominant est celui de la liberté en amour pour une communauté d’ami(e)s : « tous devaient l’un à l’autre une nudité tendre » écrit Eluard dans La plage, tous ont Les Mains libres comme Man Ray et ses dessins, Eluard et ses poèmes. Mains qui osent, qui comme dans Le tournant disent : « J’espère ce qui m’est interdit ». Mains qui dans cet espoir s’approchent l’une de l’autre , entrent en résonance pour « (appeler) le silence / par son plus petit nom ».
Ceux qui s’étaient promis « de ne rien voir qu’eux-mêmes » nous donnent dans ce livre une belle leçon de complicité artistique, d’audace, de liberté et d’amour.

Alain Freixe

 

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