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Les collections > Fonds Poésie

Explorer l'incertainMarie-Claire Bancquart
Explorer l'incertain
Prix : 12,00 € 11,40
Quantité :
EAN : 9782915120691
Format 14,5 x 20 centimètres
98 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Poésie ”
ISSN en cours
Dépôt légal 2° trimestre 2010
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Dans ce livre, Marie-Claire Bancquart évoque ses années fondatrices, et s’interroge sur les théories poétiques élaborées durant les années qui suivirent la deuxième guerre mondiale.
Comment être soi dans un monde de systèmes qui se présentent tous avec la force de l’évidence ? Comment trouver son rythme poétique dans un univers de références établies, de révérences quasi obligées ? Ainsi prend forme un livre échappant à toute catégorie répertoriée et traçant une voie personnelle, de liberté. S’y croisent analyses de textes et souvenirs, tous nourris par un grand désir d’écriture.
La deuxième partie du livre accueille un très long poème symphonique : Babel, où la musique du verbe donne tout son sens à la première partie.

Extrait

Écrire sur la poésie ? Oui : d’après une expérience, la mienne forcément, quoique appuyée sur celles de beaucoup d’autres. Mais pas pour ajouter une théorie aux théories. La poésie a été assez submergée par elles depuis les années 1955, années de ma jeunesse.
C’est sûr, il fallait une prise de conscience et une réflexion, dans le champ de désordres que présentait le monde poétique d’après la guerre. Choisir une poésie engagée politiquement, et de quelle manière ? Ou bien une poésie intériorisée, posant les grandes questions générales sur l’homme, et l’amour, et le destin ? Ou bien une poésie essentiellement attentive à l’écriture ?… Encore heureux qu’aucun poète français de valeur n’ait accepté de collaborer, ce qui n’avait pas été le cas des prosateurs ! Mais une fois le pays libéré, se posait, dans la France où le quart des électeurs votait communiste, le problème d’une poésie politique qui ne serait plus celle de la Résistance. La réponse était loin de réunir l’unanimité des écrivains.
Et il y avait cette autre question, elle aussi très controversée : les nécessités de la guerre avaient bloqué la poésie sur une expression facilement compréhensible par tous. Même, mémorisation oblige, sur un retour à des formes tout à fait traditionnelles de versification : l’alexandrin, le sonnet. Fallait-il reprendre, et comment reprendre, les chemins d’une nouvelle écriture, ouverts depuis Mallarmé ? Démêlés entre Aragon et Frénaud, hésitations de Pierre Seghers, retirement de René Char : oui, ce désarroi qui précédait les années soixante était d’autant plus grand que le public de la poésie se réduisait de plus en plus. Il avait été nombreux pendant la guerre : la poésie était un instrument d’opposition, et le plus maniable de tous. Une feuille de papier se passe plus aisément qu’un livre. On peut la cacher. Au besoin, on peut la mâcher et l’avaler. Un poème peut s’apprendre par cœur et se transmettre par récitation. À la différence d’un tract, il peut avoir un double sens, par exemple passer pour un poème d’amour destiné à une femme, et non à un pays dont on souhaite la libération. Des revues comme les Cahiers du Sud ont joué ce double sens contre la censure.
Mais après la Libération, et une fois retombée la vague des poèmes un peu postérieurs sur les camps de prisonniers et les camps de concentration, l’intérêt du public s’était tellement amenuisé que des critiques très sérieux, comme André Rousseaux dans Le Figaro, se demandaient vers 1955 si la poésie n’était pas un genre en voie d’extinction. Le surréalisme d’alors ne l’a pas fait revivre. Quand André Breton est revenu des États-Unis, il a tenté de relancer le mouvement. Mais après les horreurs de la guerre, celui-ci sembla trop détaché du monde, trop porté vers une mystique vague et des images peut-être gratuitement insolites.


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