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Les collections > Fonds Proses

Limites de l'amourEva Almassy
Limites de l'amour
Prix : 12,00 € 11,40
Quantité :
EAN : 9782915120684
Format 14,5 x 20 centimètres
112 pages.
Couverture quadrichomie.
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Prose ”
ISSN en cours
Dépôt légal 2ème trimestre 2010
 

Version numérique disponible à 3,50 €

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Ce recueil nous offre onze nouvelles toutes nourries d’une distance amusée qui nous entraîne toujours ailleurs que là où nous avons cru aller. Les personnages de ce livre refusent de concevoir que l’amour, même infini, puisse avoir des limites.
Autour de ce thème, Eva Almassy nous conduit dans une grande diversité de lieux et de situations, toujours un peu décalées au regard d’une réalité convenue. Et quelque soit le contexte abordé, son écriture révèle avec précision les détails et les éléments qui fondent l’énergie du récit.

 

Extrait

Serge
Vers neuf heures, la chaleur a commencé. Tout le monde n’était pas arrivé, j’aurais pu changer de robe, celle-là, la blanche, me donnait des picotis dans le dos. Je n’arrête pas de bouger mes ailes – mes ommo, o-mo-plates – pour décoller ma peau du tissu trop rêche, sec comme du sable. La taille me remonte jusqu’au cou, cette robe n’est vraiment pas confortable, on me l’avait achetée pour aller à un goûter d’anniversaire et depuis j’ai grandi, mais c’est ma seule robe blanche, mon père m’a dit de la mettre, je l’ai mise et tout de suite j’ai eu trop chaud. Le cercueil est fermé, je ne verrai pas le visage de maman, on n’a pas choisi le modèle avec fenêtre. Quand j’étais petite, j’avais une poupée Blanche-Neige, elle était couchée dans son cercueil avec fenêtre. En réalité, ça n’était qu’une boîte, la vitre en cellophane, pas en verre, ça s’est déchiré assez rapidement. On va enterrer maman dès que tout le monde sera arrivé, telle qu’on nous l’a renvoyée de l’hôpital, sans fenêtre. Mon père a voulu une robe blanche parce que je suis trop jeune et je suis la lumière de ses yeux. J’étais aussi la lumière des yeux de maman. J’ai passé trois semaines au lac, en colonie, pendant qu’elle agg – qu’elle a-go-ni-sait – dans sa chambre d’hôpital, devant une grande fenêtre. Les autres filles me montraient leurs chaînes en or avec une petite croix qu’elles gardaient pour nager. Les carats, qu’est-ce que ça signifie ? Une croix en or de dix-huit carats ? Après le bain, on déjeunait sous un platane, vingt filles autour d’une grande table. Une, j’ai oublié son nom, a dit : “ Quand vous aurez fini votre crème chantilly, je vous raconterai une histoire ”. Et, sans attendre, elle nous l’a racontée, son histoire : “ la crème chantilly, moi aussi j’aimais ça beaucoup, jusqu’au jour où on mange dehors comme aujourd’hui, je prends une grande louchée de crème, et il y a une chenille poilue, toute blanche dans ma bouche ”.
C’est là que la directrice est venue avec un étranger, je riais et grimaçais pour refuser de croire à cette histoire, mais ils sont venus pour moi, cet étranger était un chauffeur envoyé par mon père, je devais interrompre les vacances, faire ma valise. On rentrait avec ce monsieur en voiture, il valait mieux aller voir maman directement à l’hôpital sans passer par la maison. C’est la robe que je déteste le plus, le tissu a un nom, je m’en souviens, on l’appelle Serge comme le voisin de ma meilleure amie. Le goûter d’anniversaire c’était le 22 mars, notre ballon a traversé la haie et failli casser une vitre chez monsieur Serge. Personne ne porte une robe comme ça en plein mois d’août, mon père le sait très-très bien.


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