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Les Feuilletons de l'Amourier > Feuilletons de Michel Séonnet: Les mots en partage

Qu'as-tu vu à Auschwitz?15-02-2010
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Qu'as-tu vu à Auschwitz?

À Auschwitz, m'avait dit un ami, tu ne verras que ce que tu as lu. Alors, qu'ont-ils bien pu voir sous tant de neige accumulée, eux qui n'ont presque rien lu? On essaie au moins que les mots réveillent la vue. On se met à la suite d'un texte de James Sacré: «Quand on arrive dans la ville on est d'un coup avec tout ce blanc dans les yeux...» (Cadence 5, in «Viens, dit quelqu'un», André Dimanche-Éditeur) Ici, bien sur, c'est aussi le blanc qui prend le regard et le corps: «quand on arrive dans le camp on voit le blanc un blanc pur et sans fin et ça craque». Mais c'est tout aussi bien le noir: «Quand on arrive dans le camp, la première chose qui frappe est le noir, celui de la mort». Ou même le bleu: «La première couleur qui me vient à l'esprit est le bleu sur les murs de la chambre à gaz.» On essaie de retrouver le pas de notre entrée dans le camp: «On marche longtemps dans le froid»; «on peut entendre le bruit de nos pas sur la neige»; «le son strident du vent associé à la froideur de la neige qui tombe ne fait pas bon ménage»; «c'est vide, aucun bruit»; la marche est longue, difficile, «car on voyait des choses qui ne nous plaisaient pas». Au bout d'un moment «on a l'impression d'être dans un monde irréel, «on s'enfonce un peu plus dans le noir», «on ressent une présence qu'on ne peut expliquer». Une présence qui vient déposer ses signes de mort: «les murs et une petite porte, pas de fenêtre, c'était sombre et petit avec des trous au plafond»(la chambre à gaz), «cette petite chaussure de nouveau-né qui est allé me faire pleurer», «on voit des cheminées sortir de nulle part», «un wagon à l'entrée», «ce mur gris où des gens se sont fait exécuter». Des bribes de quoi? «On sait qu'il y a eu des milliers de morts mais on le les voit pas». «Sur ce silence qui laisse envisager la souffrance», ce sont pourtant aussi, parfois, les traces d'une vie qui viennent se poser: «des empreintes d'animaux», «des bougies posées par des personnes touchées par cet endroit», «une belle fleur jaune au milieu de tout ça». On sort du camp et on rejoint l'autocar. On a vu quoi?

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