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Les Feuilletons de l'Amourier > Feuilletons de Jeanne Bastide: Prendre du temps…

Je me demande20/12/2009
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Je me demande

Je me suis toujours demandé –je me demande– pourquoi on me prie d’écrire sur les ateliers écriture –de raconter.
Je ne sais pas écrire sur.
Mon écriture n’est pas de la pensée mise en forme. J’écris. Je veux bien qu’on m’explique le pourquoi.

J’aime faire écrire parce que j’aime écouter le bruissement des mots des autres.  
J’ai plaisir à écouter. Plaisir à mettre en place cette écoute.
Toute petite déjà, j’avais cet appétit-là. Ma grand-mère racontait. Le ravissement des sons se déroulant pour me faire un chemin de mots… impossible à relater. Je m’y promenais, c’est tout. Et pourtant, il me semble que c’est toujours de cette jouissance là dont il est question.

Les grands ciseaux brillent sous la lampe. Crissent. Coupent la toile. Un bruit qui me fait peur. Chaque fois. Me fait peur et m’attire.
Qu’y a-t-il dans le noir –sous la table– qui crie quand les ciseaux déchirent la nuit?
C’est le sombre des contes quand la princesse est perdue –toute seule– dans la forêt. Il faut traverser avec elle… retrouver le château et ses grands miroirs. Ceux qui disent la vérité. Ceux qui voient loin dans le futur, qui prophétisent. Ceux qui percent l’espace et  savent voir et savent au-delà des montagnes –là où attend la maman.

Je suis assise et je regarde coudre la grand-mère.
Je ne sais pas si son dé est magique. Mais sa bouche, oui, qui le soir près de la cheminée racontent les fées qui se penchent sur les berceaux et les méchantes filles qui vomissent des crapauds et des couleuvres.
La voix de Mamé la nuit ressemble aux bobines de fil qu’elle déroule le jour pour enfiler au chas de l’aiguille.
Les contes sont de grandes aiguillées qui cousent mes rêves de petite fille.
Le jour, assise sagement près de l’ombre, j’attends le feu de la nuit qui illuminera la parole du récit. Fées et princesses dompteront la peur et ouvriront le chemin.


J’attends encore.
Les mots pour contenir la vie et la peur.

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