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Les Feuilletons de l'Amourier > Feuilletons de Michel Séonnet: Les mots en partage

Entre auteurs17/12/2009
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Entre auteurs

17 décembre. J'ai décidé de tenir un atelier «ouvert» au CDI. Autour de midi. Vient qui veut. J'en ai parlé aux élèves de 1ères L rencontrés en début de semaine, mais une seule est venue, Elizabeth, je l'avais remarquée au premier rang lors de la rencontre. Elle se souvenait du documentaire «Louées soient les immigrantes» que j'avais présenté l'année dernière au lycée et ce souvenir la mettait en sympathie. Avec elle, deux élèves de Terminale. Tous les deux déjà «auteurs», mais à des niveaux différents. L'un, Eudes, m'avait fait passer le début d'un roman qui se passe au XVIIème siècle en Irlande. Comme je m'étonne qu'il soit allé chercher si loin, il me rétorque: Shakespeare a bien écrit «Roméo et Juliette» sans être jamais allé en Italie. Imparable! N'ai-je pas moi-même écrit un livre sur un écrivain haïtien, Jacques-Stephen Alexis, livre comme un conte se déroulant en Haïti alors que je n'y suis jamais allé, et la réaction d'une étudiante alors que je faisais partie du jury de la thèse qu'elle consacrait à cet auteur: Je croyais que vous étiez un vieux monsieur tout noir! J'insiste pourtant. Je me méfie de ces «textes d'imaginations» qui ne sont souvent que la réplique de livres et de styles vus ailleurs. Bien sûr, on ne commence jamais que par l'attraction et l'imitation des autres. Mais écrire c'est quand même toujours tenter d'écrire ce que personne d'autre au monde ne pourra faire. Même au niveau d'un atelier d'écriture. Je le répète à chaque fois. Il faudra que j'y revienne avec lui. Jade, la troisième élève présente (ils ne sont que trois), est élève de Terminale L, elle dit qu'elle a déjà terminé un roman largement autobiographique, elle en a tiré des exemplaires et elle cherche à quel éditeur l'envoyer. Elle ne me propose pas de le lire, comme cela arrive régulièrement dans des situations semblables. Elle a l'air sûre de son fait. Du coup je me dis qu'elle n'est venue que pour me poser des questions techniques, demander mon aide (ce qu'elle ne fait en aucune manière). Lorsque je propose d'écrire, elle s'y met sans encombres. Il est question d'une de ses amies, «son» amie, il faudrait dire, tant elles ont l'air proches, une fille à la vie étrange et tourmentée. Les deux autres écrivent eux aussi sur des «pairs» alors que j'ai insisté pour qu'ils s'approchent de ceux qui les ont précédés. Mes parents? dit Elizabeth, je ne sais rien d'eux, ils ne m'ont jamais rien raconté, mes grands-parents c'est pareil. Ce que Eudes reprend à son compte. Il lâche quand même que ses parents sont venus du Congo. Lequel? Celui de gauche, il dit. Politiquement ou géographiquement? Il rit. Chacun écrit une page ou deux. Échange. On lit. Je leur dis de taper les textes et de me les envoyer les par mail. Premier contact. Avec eux il faudra que je propose des alcools plus forts. Qu'on s'aventure en haute mer.

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