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Les collections > Ex caetera

CaravansérailOlympia Alberti
Caravansérail
Prix : 14,00 € 13,30
Quantité :
EAN : 9782915120622
Format 14,5 x 20 centimètres
100 pages.
Couverture quadrichromie
reliure dos carré collé
Collection “ Ex-cætera ”
ISSN 1284-6236
Dépôt légal 4° trimestre 2009
 

Biographie et bibliographie de l'auteur


Propos du livre

L’Inde est nue sous son sari, elle est splendeur et haillons, richesse et cloaque, envoûtement et répulsion, et j’éprouve pour cette terre un amour qu’aucune des déceptions de mon existence n’aura entamé. Il y a quelques années, j’ai été invitée au Rajasthan pour ma poésie, et comme, tous les ans, je retrouvais l’été celui que nous nommions avec affection et respect maître Yesudian, un caravansérail s’est instauré.
Alternant les jours de deux carnets de voyage, j’ai fait halte en mêlant les étoffes des lieux et des temps, pour une traversée des idées, des parfums, des sensations, et tenter de partager ce mystère joyeux, qu’énonce ainsi le Dväni : “ la saveur n’existe pas avant d’être goûtée.” C’est ici la rencontre amoureuse d’une âme et d’une lumière, une. Olympia Alberti

Extrait

Une rue de Jaïpur

Une femme me vend des bâtons d’encens, des pierres de benjoin. (Pierres par l’apparence rugueuse grise et miel ; résine aromatique le plus souvent brune et blanche.) La rue roule par pressions serpentines, vagues denses, elle est pleine, les hanches larges, avec des débordements de trottoirs trop étroits, la chaussée est engloutie au tissage des vélos, des pousseurs, des vaches, des chameaux, des familles, des trois éléphants comme des monuments en déplacement ; soudain, l’explosion du quartier des marchands de fleurs. Guirlandes d’œillets, d’hibiscus, de fleurs d’oranger à profusion ; jasmins absents, je me détourne, vais à des roses émiettées, pétales vendus en coupelles ou en sacs, pour dessiner des mandalas au-devant des seuils.
Franchir la mystérieuse Beauté, éternelle Présente de l’Inde, sa passante généreuse. Ici, la beauté éphémère et porteuse de notre infini, l’appelant. Où qu’elle soit, la beauté m’arrive, plein fouet. Par instants, imminence des larmes.

La rue indienne : un grouillement contrasté de senteurs opposées, les tendres et les acides, les douces et les grasses qui emportent, les subtiles et les suffocantes, mêlement de couleurs claquantes, les rouges et les violets, les jaunes safran, citron et les verts fous – avec ses chapelets de boutiques minuscules et crasseuses où s’élèvent des monticules de poudres d’épices, odorantes jusqu’au vertige, qui font penser que les couleurs sentent bon, que les parfums ont des couleurs précises. Correspondanse magique, gémissements comblés des mille Shakti !
Voix, chants, cris, flûtes, prières, appels, psalmodies, la rue est un ruissellement constant, la nuit alentit à peine son flot.
Après cela, sur l’écran de vivre, les visages de la grâce limpide, de la sérénité. Une femme s’arrête, me regarde, me garde dans un silence d’une intensité bouleversante : re-connaissance ? Remuement du mystère dans la mémoire de nos vies antérieures ?
Elle est si belle que j’en reste suffoquée – sensation de blocage du souffle, comme durant ma pneumonie, il y a un siècle de trois ans. Un instant je demeure suspendue hors du temps ; alors je commets un geste fou : je vais vers elle, lui prends la main, et la presse, dos contre ma joue. Un sourire nous vient, et je ferme les yeux.
Aucun mot n’est possible – nos âmes se sont parlées, cela nous regarde à peine.


Lire un autre extrait

Entretien télévisé avec Véronique Anfosso

Entretien télévisé avec Michel Seyrat

Illustrations

Photographie de couverture : Blandine Archambault-Huber
En frontispce, photographie d'Olympia Alberti

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