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Approches critiques > Au fil des notes

Du rouge aux lèvresHaïjins japonaises
Prix : 0,00
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Note d'Alain Freixe

Editions La Table ronde,
Traduction:
Markoto Kemmoku & Dominique Chipot.
 

Ce qui plaît en général dans le haïku, c’est son trait, soit l’aigu d’une brièveté qui a force d’évidence. Plaît ce quelque chose qui traverse ce peu de mots vers les choses du monde dans leur frémissement, leur vacillement, leur légèreté. Quelque chose qui ouvre ces mots à l’espace même de l’énigme de cette présence, de ce souffle qui caresse les yeux. Et passe – 5/7/5 – dans ces trois vers :

beni soita kuchi mo wasururu shimizu kana

Je bois à la source
Oubliant que je porte
Du rouge aux lèvres

Ce haïku de Chyo-ni qui vivait au XVIII donne son titre à l’anthologie bilingue élégamment présentée que publient les éditions de La Table Ronde. Makoto Kemmoku et Dominique Chipot ont ainsi choisi et traduit  quelques 40 haïjins japonaises. Et telle est bien l’originalité de ce livre ! Forts des quelques grands livres parus sur le haïku – Et je pense à celui paru chez Fayard en 1983 et réédité récemment dans la collection Points-Poésie du Seuil  dont le texte français est de Roger Munier et la préface d’Yves Bonnefoy et à l’Anthologie du poème court japonais de Corinne Atlan et Zéno Bianu en Poésie/Gallimard – on a toujours tendance à réduire la pratique du haïku aux noms de quelques grands maîtres : Basho (1644-1694), Buson (1715-1783), Issa (1763-1827), Shiki (1866-1902). Ce faisant, on oublie les hajins, ces poètes femmes à qui cette anthologie aujourd’hui rend justice. Elle laisse également entrevoir, d’une part, cette seconde branche du haïku qui tourne ses feuilles vers le quotidien et les gestes qui lui donnent sens jusqu’à réserver un chapitre aux haïkus de la bombe atomique, à côté de celle toujours présente bien sûr des choses comme elles chantent dans le cours des saisons. Et, d’autre part, combien la pratique du haïku est aujourd’hui particulièrement vivace chez les poètes femmes japonaises. Ainsi de Ayaka Sato, née en 1985, dont ce poème termine le livre :

tachiuo ya toki kikari o hanekaeshi

une ceinture d’argent
reflète la lumière
lointaine
.

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