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Les collections > Carnets

La Place du sujetFlorence Pazzottu et Giney Ayme
La Place du sujet
Prix : 19,00 € 18,05
Quantité :
EAN : 9782915120370
Format 28 x 20 centimètres
54 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Carnets ”
ISSN 1284-6791
Dépôt légal 2° trimestre 2007
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Les poèmes (vers et petites proses) de la place du sujet sont des compositions d’après nature. Ils sont nés de la rencontre d’un lieu, et sont comme les empreintes, en moi sans doute d’abord laissées, mais ensuite recomposées, en poèmes, et donc à autrui adressées, par le surgissement d’une silhouette ou d’un événement... C’est presque nécessairement que s’y posa la question de la place du sujet, tant il vrai que plus s’éprouvaient la tension d’une distance, la nécessité d’une objectivation afin d’approcher poétiquement un fragment du réel, telle figure ou telle scène, plus l’empathie s’y révélait également agissante. Dans un même mouvement toutefois (d’une façon presque cubique) cette question présentait sa face grammaticale, car ces poèmes ne sont pas des tableaux “peints sur le motif”, et le plus “descriptif” d’entre eux fut encore bien sûr, et avant tout, un imprévisible événement de langage.
Contrairement  à ce que pourraient laisser croire les lignes qui précèdent et la citation de Georges Braque qui ouvre ces Carnets du Panier, ce n’est  pas aux peintres mais à l’incroyable liberté d’expression offerte par les  poètes du siècle dernier que je pensais en poursuivant l’écriture de ces textes; et tout en saluant d’un timide clin d’oeil les ardoises de Reverdy, je songeais à l’espace ouvert par les poèmes en prose de Baudelaire, - même si rien bien sûr ne rapproche du Spleen de Paris ces petits poèmes provinciaux, nés de l’énigmatique cristallisation de tendresse et de violence, très humaine, du plus vieux quartier de Marseille.
Les photographies de Giney Ayme qui accompagnent ces poèmes tentent avec eux un dialogue que nous avons voulu à la fois simple et singulier, dialogue à la fois de sens et de forme, le plus libre possible (donc travaillé), piégé ni dans l’illustration ni dans le contre-pied. Si elles disent elles aussi, avec les moyens propres bien sûr à l’art photographique, quelque chose du quartier du Panier, c’est en jouant, en rendant possible le jeu, c’est-à-dire d’une manière sans doute très subjective mais sans coller à leur sujet. Florence Pazzottu

 

 

Extrait

elle montait les escaliers dans le noir, un noir bête, sans charme, sans se taire jamais, elle répétait sans cesse son plan, ou plutôt elle répétait sans cesse qu’elle n’avait pas de plan, seulement une idée de plan, pas une envie non, plutôt comme une aide extérieure, comme un mot soufflé au hasard par un étranger dans la foule, arrivée au premier étage, elle n’y pensait déjà plus, elle ne pensait plus qu’un plan fût utile ni même possible, elle se mit à raconter des histoires, ou une histoire, n’importe quelle histoire, peut-être celle d’une femme montant les escaliers dans le noir sans se taire jamais, bientôt ce ne fut plus dans sa tête qu’un bourdonnement incessant, cela avait commencé plusieurs jours auparavant, elle se rendait à l’atelier pour y retrouver les machines, non pas ses machines, celles d’un autre, de n’importe quel autre, celles qu’on met en route le matin et qu’on arrête le soir, lorsque le signal dit que c’est le soir, en passant devant la boulangerie elle avait été violemment écœurée par les croissants chauds du matin, la veille déjà, elle avait demandé qu’on ne la réveille plus, elle avait dit vouloir être réveillée par le bruit métallique du réveille-matin, au deuxième étage, elle connut une soudaine envie de le voir comme une envie de pisser, elle n’avait pas peur du noir, elle détestait seulement l’assouvissement, elle détestait le mot détester, le mot aimer davantage encore, elle n’avait jamais éprouvé aimer, éprouver elle sentait que c’était impossible, et sentir… (à ce point du raisonnement l’envie de vomir était si forte qu’elle croyait s’évanouir), atteignant le troisième étage elle se mit à souhaiter qu’il ne fût pas là, pour qu’il lui soit définitivement impossible de savoir s’il fallait ou non un plan, elle montait les escaliers dans le noir, un noir bête sans charme sans se taire jamais, elle était devant sa porte, déjà ou peut-être depuis toujours, elle comprit qu’une seule chose était désormais possible, il ouvrit la porte et elle dit – c’est pour un sondage


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Illustrations

Photographies de Giney Ayme

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