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Approches critiques > Au fil des notes

Matière solaireEugenio De Andrade
Prix : 0,00
Quantité :
suivi de "Le poids de l’ombre"
et de "Blanc sur blanc"

Note d'Alain Freixe

Poésie/Gallimard
Textes traduits par: Michel Chandeigne,
Patrick Quillier et Maria Antonia Camara Manuel
Préface de Patrick Quillier
 

Nul besoin d’être spécialiste. À parler de poésie portugaise le nom de Pessoa et des hétéronymes  qui lui font cortège s’impose. C’est une montagne avec plis et replis, sommets et fonds de vallée creusés par les terreurs de l’identité et du manque d’être. C’est un paysage  d’ubac.
À l’adret, se tient la poésie d’Eugénio De Andrade. Poésie du désir, du “ soleil de la peau ”. Poésie du corps réhabilité, libéré de toute crainte aussi bien celle de “ l’insurrection de la chair ” que celle de la mort qui “ n’a pas de prise sur le corps / quand on tient le soleil endormi dans ses bras ”. Toujours une douce lumière  éclaire  depuis un fonds réservé, retenu dans l’épaisseur du corps les mots, les images  de la poésie  d’Eugénio De Andrade. C’est elle qui invite l’âme à la fête des sens.
Faites la pause ! Septembre, on le sait, est le mois des romans, disons du narratif. À suivre. Parfois avec quelques  lourdeurs.
Lisez Eugénio De Andrade . Lisez ces trois recueils publiés entre 1980 et 1984. Ils sont la ligne de crête de sa production poétique. L’homme qui était né en 1923 à Povoa de Atalaia, près de la frontière espagnole s’est éteint à Porto en juin  dernier.
Quitte de tout, un soleil  a replié ses rayons. Ainsi, même dans la mort, “ il y a une rumeur qui ne dort pas / une manière pour la lumière de se poser, la trace / d’une larme brûlante ”. C’est cette lumière rasante que l’on entend dans la poésie d’Eugénio De Andrade. Si elle n’efface pas le poids du monde, elle l’allège ; si elle ne dissout pas les ombres,  elle les tient à distance.

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