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Les collections > Voix d'écrits

Le Jardin de l'éditeurCollectif
Le Jardin de l'éditeur
Prix : 14,50 € 13,78
Quantité :
EAN : 9782915120196
Format 21 x 20 centimètres
64 pages.
Couverture: foulage à sec avec découpe,
reliure dos carré collé
Collection “ Voix d'écrits ”
ISSN 1968-8482
Dépôt légal 4° trimestre 2005
 

Propos du livre

72 auteurs, 24 photos en quadrichromie, chacune d’elle est portrait, ici l’abricot, ailleurs la menthe, la fève, le kaki… ou encore la pomme de terre et la tomate. Chacune d’elle est expression du désir.
Sur fond noir, le légume ou le fruit, crève le papier pour venir mouiller les papilles. Dans une lumière mordorée, une vie quasi cosmique sourd de la précision du détail. De même, les textes, dans leur diversité de plumes alimentent notre perception du vivant, grâce à l’approche singulière qu’en fait chaque auteur.
Ici, le botanique devient littérature, regard de ce qui tremble au cœur du silence. Il met en éveil chez le lecteur quelques lieux secrets où l’intime aime se fondre dans la sensualité des parfums, des saveurs et des formes évocatrices. Éros n’est pas loin, il inspire… Et les mots palpitent.
Un livre né sous le signe du plaisir, qui invite à l’effeuillage, voire au lent déshabillage des chairs pulpeuses…

 

Extrait

La Figue
Mes préférées s’ouvrent comme des lèvres, ont une peau d’encre, de taches violettes sur les doigts, une peau d’écriture qui cache sous le velouté de sa nuit mate la chair blanche d’un vélin qui s’amenuise avec les chaleurs de l’été, et sous ce derme tendre retient l’explosion d’un texte au cœur si rouge, si vivant et si gorgé de miel qu’on en vient à penser à l’intime aveu d’une offrande, à l’abandon, à l’ultime soupir d’un corps de femme dans l’extase. Fruit des terres parfois torrides et ivres de senteurs mellifères, cette chair à peine retenue de se livrer, quand elle est mûre, prête à fondre en saveur et en bouche, n’est qu’une peau nue à même le ciel, si nue qu’on éprouve en la goûtant une odeur qui exprime un oui troublant, et rassemble en une sensation de fête la soif d’un limon ardent, d’une mer qui lèche sa rive sèche et l’apaise, sous un ciel blanc de soleil, prêt à recevoir le mot de murmure, ce nom de plaisir qui est la joie d’un baptême d’amour, un secret sur la langue : figue.
Olympia Alberti


L’Oignon
Est-ce pour protéger son secret, cette vapeur de soufre que l’oignon souffle aux yeux dès qu’on le dénude de sa première peau ? À mesure qu’on le décortique une fine clarté violette au poli métallique se fond à la blancheur opalescente qui imprègne sa chair en profondeur. Mais peut-on ici parler de chair quand toute peau ne se dérobe que sur une autre peau gigogne, chaque fois plus tendre ? Le secret (qui ainsi s’évente) résiderait dans le seul mouvement de ce dévoilement sans terme, dans le dépècement d’un corps sans organes. On voit que le bulbe semble lui-même un enchâssement de cornées vitreuses, de paupières opaques, cartilagineuses, qui s’ouvrent et se détachent une à une : à travers le tremblé du larmoiement on perçoit la persistance d’une pâle lueur prise dans les épaisseurs qui s’amenuisent. On a retiré de la terre du jardin cette boule à l’éclat poivré, humide, ce moignon d’œil. Son humeur picote un peu la langue. On avale ses larmes avec ravissement.
Jean-Pierre Chambon


Lire un autre extrait

Écouter extrait audio Kaki J-M Barnaud

 

Illustrations

Photographies de Jean Princivalle.

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