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Approches critiques > Au fil des notes

D’une saveur mortelleGaston Puel
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Note d'Alain Freixe

L’Arrière-Pays
Anthologie 1943-1993
 

Dans le Cahier Amourier que nous avions consacré à Gaston Puel en 2003, Eric Dazzan proposait de voir la poésie de Gaston Puel comme une “ traversée de l’invivable ”, traversée obstinée, sans concession avec le monde des Lettres, sans illusion sur les pouvoirs de la parole, fidèle à ce “ lien mortel ” qu’il noua tôt avec la terre ”grave et souffrante ”. Lien qui se goûte sur la langue, dans les mots du poème, “ saveur mortelle ” de la poésie de Gaston Puel.
Les éditions de l’Arrière-Pays publient aujourd’hui sous ce titre une anthologie des poèmes de Gaston Puel. Cinquante ans de poésie. Le choix de la chronologie permet d’arpenter cinquante ans de poésie, de 1943 à 1993. On gravit plus qu’on ne traverse ces années s’arrêtant aux reproductions des œuvres de Bruno Foglia qui toutes “ (ressemblent) à un secret ”, comme on s’arrête en randonnée pour frotter ses yeux, ajuster son accoutrement et mener le cœur à son ordinaire avant de repartir vers “ le vent qui vient ”. De poème en poème, de livre en livre, - J’en ai compté dix-huit : de Poèmes (1943) à Carnet de Veilhes (1993) en passant par d’Un lien mortel (1962), Terre-Plein (1980 et L’äme errante (1982) – se fait jour l’idée que le fameux “ poème de la vingt-cinquième heure ”, celui que quelque troubadour chanta une fois – et seulement une fois ! – dans ce “ cinquième château ”, on peut l’entendre dans ce livre moins dans tel ou tel poème qu’entre les poèmes, moins dans ce qu’il dirait, dans ces mots, que dans son timbre, ce rythme qui les tiendrait, ce souffle sui les porterait. Il flotte au-dessus des poèmes de ce livre, “ âme errante ” qui éveille la partie la plus vibrante de notre être.
Il faut lire Gaston Puel comme il regarde les choses du monde. D’un “ regard vrai ”. Cela rend “ l’âme légère ”.. Revient alors l’espoir, soit “ la grâce de recommencer ”. Et de poursuivre. “ Homme debout ”.

“ Acquiescer

Enseveli dans la confusion, abîmé dans le refus, désaccordé, on souhaite s’éloigner, s’exiler, se sauver du désastre.

Il faut s’accepter, épave de la flotille, fane de la jonchée. Ce NON que nous murmurions se défait dans notre bouche. Nous acquiesçons au futur sans oreille, à la terre qui se dérobe sous nos pieds. ”


Gaston Puel, Acquiescer in Terre-Pein (1980) repris dans D’une saveur mortelle, L’Arrière-Pays, 2004.

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