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Les collections > Thoth

Le Mystère MarcœurMartin Winckler
Le Mystère Marcœur
Prix : 15,00 € 14,25
Quantité :
EAN : 9782915120486
Format 10 x 20 centimètres
132 pages.
Couverture Noir & Blanc
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Nouvelle édition
Dépôt légal 3° trimestre 2008
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Bien avant La vacation et La maladie de Sachs, Martin Winckler a nourri le projet d’un vaste roman où devaient se retrouver les thèmes dominants de son univers: la vie, l’écriture… et l’humour. “Ce roman à plusieurs entrées était aussi une métaphore de la rencontre entre un lecteur qui voulait devenir écrivain et un écrivain qui n’écrivait plus, un écrivain disparu. La rencontre impossible entre un vivant et un mort. Inévitablement c’était aussi un travail de deuil. Bref, le Roman Total. Le Livre du Grand Tout.” Le Mystère Marcœur est le germe intime de ce livre, un aperçu des principaux moments de sa création. Livre polymorphe, oscillant entre gravité et dérision, il est aussi une saisissante méditation sur l’écriture et, en ce sens, une porte ouverte sur l’atelier de création de Martin Winckler. De l’aveu même de l’auteur, c’est bien de ce premier texte que sont nés les suivants: “chaque livre, fût-il inachevé – contient en germe tous les autres livres, – pour ne pas dire toute l’écriture.”

Marcœur écrit.
Partout, n’importe quand, avec ce qui lui tombe sous la main, sur n’importe quoi. Dans Tourmens qui le cerne et le porte, les hommes vivent hors des lignes de ses Cahiers. Les pages filent. Les hommes trébuchent. Les mots se dispersent ou se rassemblent. Les hommes hésitent. La plume glisse. Les hommes changent. Un manuscrit informe prend, jour après jour, la place de la fuyante pensée. Les hommes crient. Bientôt il y aura sur le papier quelque chose de ces cris. Les jours passent. Les enfants jouent. L’air se réchauffe. La mort renverse une ou deux quilles de sa boule folle.
Marcœur écrit.

Extrait

Comment oser écrire si c’est pour être reproduit (quelle indécence) sur une demi-tonne de papier coupé, façonné en briques collées ou cousues, et expédiées aux quatre coins du pays? Comment oser écrire quand on pense que ces briques iront se serrer (quel destin!) par deux ou trois entre des piles de volumes de meilleur avenir commercial sur les étalages des libraires, et seront bien vite virées de la table ou entreposées dans un coin sombre avant de replonger dans un carton, retour à l’envoyeur, pour se noyer enfin dans les millions de tonnes de papier qui iront au pilon quelques mois plus tard?
Un livre est une goutte d’eau; pire: une larme. Elle perle à vos paupières. Même si votre amant, votre maîtresse la boit des lèvres, elle se fondra en lui, en elle, et la poésie cessera là. Cette goutte se mêlera aux 70 % d’eau du corps accueillant, ira hydrater une cellule, un tendon, filtrera dans ses tubules rénaux, descendra en trombe dans sa vessie, de la vessie dans le tuyau d’écoulement des eaux usées, de là dans le fleuve, du fleuve à la mer, de la mer aux nuages. Avec un peu de malchance soufflera un fort vent d’ouest, les nuages passeront au-dessus de votre maison, et parmi des trombes d’eau, votre larme se déversera droit dans vos gouttières, dans la bassine en matière plastique rose qui recueille l’eau du fer à repasser, dans la nappe phréatique qui alimente votre puits, ou encore sous la porte du jardin – celle dont le joint est décollé. Vous finirez par marcher dedans en entrant, ou le chat viendra la laper en attendant que vous le laissiez sortir, ou pire: un de vos enfants la boira, sans savoir que c’est vous qui l’avez versée.

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Illustrations

Couverture et dessins de Marcel Alocco.

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