1, montée du Portal - 06390 Coaraze
Accueil Recherche Votre panier Valider votre commande Conditions de vente Nous contacter
Les librairies partenaires
Votre compte client
Pour accéder à votre compte, veuillez vous identifier :
E-mail :
Mot de passe :
Pour recevoir notre lettre d'information
e-mail :
Vers le site Compoir du livre SPE

Les collections > D'Aventures

Pudeur des brouillardsPatrick Joquel
Pudeur des brouillards
Prix : 10,50 € 9,98
Quantité :
EAN : 9782911718830
Format 14 x 15 centimètres
84 pages.
Couverture 1 couleur
reliure dos carré collé
Collection “ D'Aventures ”
ISSN 1621-7241
Dépôt légal 3° trimestre 2002
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

C’est le poème d’un marcheur étonné d’errer sur d’anciens fonds marins entre 2000 et 3000 mètres. Granits, dalles polies, crêtes frontalières. Étonné d’être ainsi ramené à soi, à ces souvenirs qui n’attendent que le mot juste pour être comme tirés de leur gangue charnelle.Le poème, ici en prise avec l’espace et le temps traversant le langage, est comme le moulage en creux du mystère, dit Patrick Joquel. Le poème ne dit pas la vérité, tout au plus s’efforce-t-il à ne pas trahir son empreinte imparfaite, lacunaire… Ces traces sur les pierres… Car seules les traces font rêver nous disait René Char.

 

Extrait

L’ubac s’est ouvert
Un chevreuil glisse en silence
Joie des jours secrets

Les villages de ce pays naissent des brouillards de décembre. Ils flottent parmi les brumes oubliées des siècles passés, puis s’enrochent sur les rivages d’un plateau argileux ou bien se resserrent contre la chaleur calcaire d’une falaise. Ils suspendent alors à leurs portes des lanternes de fer forgé, donnent au jour l’épaisseur d’un clocher.
Quand, au crépuscule, un troupeau de moutons les traverse avec son bouquet de chèvres, sa poignée de chiens et son poids de bergers, ils le couvent de leurs fenêtres.
Les carreaux se diluent dans le désir de partir. L’ailleurs semble à portée de paupières. Ces nuits-là, les volets restent longtemps ouverts. Malgré le froid. À guetter la flamme d’un improbable bivouac.
Ils rêvent. Blottis autour de leurs feux…
Parfois un vieillard gémit dans son sommeil. Un peuple de fantômes heureux vient battre à son oreille. Il reste un instant suspendu au souvenir des ruelles gorgées d’enfants, puis se retourne, et, comme on chasse de la main une mouche importune, efface une fois de plus le songe.
Les jours sont courts. Un soleil navré enflamme le givre des plateaux. Le silence écoute. Il entend le feu calfeutrer près de ses foyers les mots.
Entre Noël et jour de l’An les cheminées brûlent les souvenirs des étés passés. Leurs rires. Leurs caresses. Leurs orages. Elles brûlent tout cela et bien plus encore. Les phrases s’embrasent. leurs mots se consument. La langue retourne au sauvage de ces nuits où couchés à même le ciel se pelotonnaient les premiers contes.
La neige s’est accrochée aux branches des pins. Toute la forêt s’égoutte. Percussions lentes. Pour sa propre joie l’hiver écrit ses éphémères partitions. Traces de lièvres. De renards. De sabots. Tandis que le vent d’ouest houle les cimes chacune suit sa mélodie. Indifférente au promeneur qui renouvelle ainsi son bonheur d’exister.

Ici en hiver
Le pays s’offre au silence
Pudeur des brouillards



Lire un autre extrait

Site e-commerce par Raynette.