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Les collections > Thoth

LaërteMarcel Alocco
Laërte
Prix : 19,80 € 18,81
Quantité :
EAN : 9782911718793
Format 10 x 20 centimètres
178 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 2° trimestre 2002
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Les périodes troublées ont recours aux mythes, les temps de confusions les réinventent. En nos temps où tout semble avoir été dit, comment avoir recours aux mythes, si ce n’est en les réinventant, en les écrivant de nouveau, en un style où tout se mêle, se découpe et s’assemble. J’ai été fait des miettes du monde. Archipel, éparpillé de par la planète, j’ai employé la longueur d’un voyage, qui n’a d’autre mesure que moi-même, à rassembler tout ce qui me constitue. Ici, dire et écrire n’a de valeur que dans le déferlement et dans l’absorption. Et le style de Marcel Alocco présente en effet cette flamboyance qui vient du fonds des siècles pour investir notre temps et rendre acceptable la parole, qui déborde le soi en intégrant ces vagues venues de tous les horizons. J’ai souffert le sacrifice d’Iphigénie, les viscères blessés de Clytemnestre, la mort de Patrocle et celle d’Hector outragé, le malheur d’Andromaque, l’angoisse de Cassandre et l’espoir douloureux d’Hélène. J’ai souffert l’exil d’Oreste, et les misères sans récits des paysans de la Troade. Homère se plaint que le triste Laërte le poursuit de sa haine, qui ne pue que clamer dans le vent ses délirants propos. Aucun scribe pour recueillir mes dires. Il est vrai, je ne vois rien de mes yeux, si ce n’est le paysage et des gens qui s’agitent sur les écrans muets. Comme Tirésias perd la vue pour devenir voyant, Œdipe ne perçoit pas ce qui crève ses yeux. La vérité ne brillera qu’au centre de sa nuit. Et moi je suis dans le soleil, dans le blanc de la page en attente.
Texte de générosité, Laërte nous jette dans un mouvement perpétuel, et la lecture devient une île battue par les flots. Tout y converge, Homère et Shakespeare, Ronsard et Sophocle. Le voici, ce tissu, déchiré d’avoir tant traîné et vêtu tant d’aventures, le voici en quelques pages recousu. À terme, c’est l’espoir qui se reconstitue, la joie d’être par les textes portée, la joie de devenir avec les autres, par eux. Le Sud respire, temporairement recomposé, mais vivant, enfin redécouvert.

Extrait

Ce phare minuscule sur lequel je veille, la flamme de siècle en siècle nourrie, ma lignée consumée à la tâche : veiller sur le vide de la mer et le trop plein des ports. Il n’y aurait plus de lumière si tous devenaient marins. Les barbares parcourent la terre tandis qu’assis près de leurs feux, abrités dans la réalité fragile des signes, ceux de l’écriture attendent passages et retours. Il pèse un mot un pas, il lui reste ce bruit de feuillage remué pour dire que le monde marche, pense… que pourrait-il faire d’autre, sinon tourner comme une toupie sur lui-même pareil à un homme qui fait le bilan ? J’ai marché, j’ai pensé, le rythme de mes pas défile dans ma tête, et j’ai vu que c’était une bonne chose de bercer comme un enfant un vieux chagrin dans la masse des mots et la longue caresse des pas qui mesure année après année, toujours nouveau, le vieux chemin.
Demain est un autre, l’altérité nous dévore. Je suis un nid d’espions posé sur ma vie…

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Illustrations

Dessin de couverture de Marcel Alocco.

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