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Les collections > Thoth

Le Temps du selAntoinette Jaume
Le Temps du sel
Prix : 13,00 € 12,35
Quantité :
EAN : 9782911718502
Format 10 x 20 centimètres
108 pages.
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Thoth ”
ISSN 1625-9173
Dépôt légal 2° trimestre 2000
 

Biographie et bibliographie de l'auteur

Propos du livre

Le temps du sel, le temps de la décantation, puis de la cristallisation. Deux vies. Deux vies entrelacées, liées par des destins semblables, chacune des partenaires revendiquant ses choix, les assumant en toute connaissance. Une grand-mère, une petite-fille. La seconde; la plus jeune voulant apporter à l’aïeule ce qui ne lui a pas été donné et qui lui était dû; ce qu’on lui a ôté: le sens même de sa vie.
Une prise en charge qui va jusqu’à la fusion des deux destins, une osmose peut-être provoquée par l’acte nécessaire accompli dans un désir de réhabilitation, de justification; l’effacement et l’oubli de toute blessure. D’une certaine façon, le cheminement même du peintre face à sa toile, qui dissèque son motif pour en saisir les éléments essentiels, puis réanime l’ensemble recomposé selon sa propre exigence.

Que veut cette femme? Aimer. Elle écrit pour cela. Pour voir clair. Autrement.
Elle se nomme Lisa, entre mer et étangs. Silex ouvert, elle fait le récit de sa libération. Pour pouvoir créer. Peindre. Se tenir dans la dignité. Dans le défi relevé de celle qui règne par son absence, la grand-mère, Angeline, celle du causse. Celle qui sut partir, royale de liberté.
Ce récit a, des salines, les cernes noirs et les feux étoilés. Le temps du sel est celui des mains ouvertes sur le plein ciel d’une vie à l’écoute d’elle-même, ouverte à ce qui vient. Tout ce qui vient.

Extrait

Ce soir-là Alex n’était pas rentré. Comme bien d’autres soirs. Angeline a passé toute la nuit assise près de la fenêtre. C’était la pleine lune. À surveiller le portail toujours ouvert, la cour où pouvait entrer la voiture légère d’Alex attelée à son alezan préféré. À guetter le claquement précis des sabots sur la route pierreuse. Toute la nuit, dans la lumière de la lune qui balayait lentement la chambre, caressant tour à tour l’armoire et la commode, l’alcôve où dormaient les enfants, le lit ouvert et vide. La lune a pâli, une aube modeste s’est levée, grise. Du côté des communs bêtes et gens commençaient à bouger, à soupirer, à s’ébrouer.
Angeline a parcouru la maison encore sombre où elle aurait dû déjà vaquer, servante parmi les autres servantes. Mal acceptée, cette fille droite et blonde, et qui se taisait. N’avait amené que peu de terres, encore moins d’argent; mais des métiers à tisser dont on ne savait que faire; des armoires pleines de linge, des draps et des draps, en chanvre, en lin; des caracos et de fins jupons. Des tas de jupons. Une extravagante. Ses parents, des gens de là-haut, du causse, étaient tous morts. Ce mariage, un caprice d’Alex, plus violent, plus exigeant que tous les autres. Bien sûr il y avait les enfants, il jouait et riait avec eux entre deux escapades.
Angeline a fait chauffer le lait, préparé le pain, mis un gros morceau à part avec des noix et des pommes. Réveillé les enfants; pendant leur déjeuner a préparé les affaires, l’essentiel pour eux et pour elle. Enfermé le tout dans la panière d’osier où ses parents avaient mis ses vêtements et ses bonnets quand elle les avait quittés.
Ils sont partis avant que personne n’entre dans la salle, ont suivi la route jusqu’au village proche où des gens amis habitaient. Qui n’ont rien dit, aucun mot ne pouvait plus toucher Angeline.

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Illustrations

En couverture, reproduction d’un pastel de l’auteur

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